Irma: « Ma seule arme, c’est la chanson »

Irma Pany a quitté le Cameroun à l'âge de quinze ans (elle en a vingt-deux aujourd'hui) et le conte de fées a débuté pour elle. Dans l'appartement parisien où la jeune fille a rejoint ses deux sœurs, elle enregistre des petits clips qu'elle poste sur YouTube: une relecture de Au suivant de Jacques Brel, une cover de son idole Michael Jackson et, déjà, des compositions personnelles sur lesquelles elle s'accompagne d'une guitare acoustique.

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C'est le buzz. Repérée par My Major Company, la boîte qui a lancé le chanteur Grégoire, elle recueille le soutien moral et l'aide financière des internautes. La major Warner repère le gros coup et lui offre un billet pour New York afin d'y enregistrer ses morceaux avec le producteur de Lenny Kravitz.

"Quand je suis revenue en France avec les maquettes, explique-t-elle d'une voix douce, j'avais l'impression de m'être égarée. Les chansons étaient trop produites, le son trop léché, trop lisse, trop parfait. Ce que j'avais gagné en qualité à New York, je l'avais perdu en naturel. J'ai décidé de tout recommencer en privilégiant la simplicité et les instruments acoustiques." Irma a eu raison. Sorti au printemps dernier, "Letter To The Lord" séduit par sa force naturelle et ce côté hipster qui n'a peur de rien. Avec la belle Ayo à qui on la compare souvent, Irma partage des racines africaines, l'amour du folk acoustique, la passion des rythmes bien balancés et des textes – en anglais – d'un réalisme poignant. Les radios ne s'y sont pas trompées en plébiscitant son single I know, présent dans toutes les playlists de cet été. Après les Nuits Botanique, Couleur Café et le Lasemo, Irma nous revient au Brussels Summer Festival.

Qu'y a-t-il de camerounais dans votre musique?
Irma. – Il n'y a rien de camerounais dans les sonorités de mon album. Mais pour le reste, tout vient de là-bas. Les textes sont inspirés de ce que j'ai vécu pendant les quinze premières années de mon existence. Les harmonies vocales renvoient aux mélodies que nous chantions à l'école. Il y a aussi les rythmiques, les chœurs, les guitares.

De quoi parlaient les premières chansons que vous avez écrites?
J'ai écrit mes premières chansons à la guitare à l'âge de douze ans. À bien y réfléchir, ce n'était pas vraiment des chansons, plutôt des crises de conscience. À cet âge-là, j'étais déjà une jeune adolescente révoltée. J'étais influencée par tout ce que j'entendais à la radio ou par les films américains qui passaient à la télé. Je croyais que c'était ça le monde réel. Et du coup, ce que je vivais au quotidien ne me semblait pas normal.

Dans votre tube I know, vous dites que votre seule arme, c'est la chanson. Quand vous en êtes-vous rendu compte?
I know est l'une des deux chansons figurant sur cet album qui date de mon adolescence. Très vite, je me suis rendu compte qu'avec mon échelle de comparaison, je n'étais pas grand-chose dans ce monde et que seules les chansons pouvaient m'aider à m'en sortir et surtout, à me faire entendre.

Qui vous a donné envie de faire de la musique?
Je suis issue de la génération 80 et mon premier héros est Michael Jackson. Pour moi, ce n'était pas un artiste mais un extraterrestre. C'est lui qui m'a donné envie de faire ce métier. C'est surtout son perfectionnisme qui m'impressionnait. L'autre influence majeure, elle me vient de Ben Harper, notamment pour son jeu de guitare et toute la spiritualité qu'il insuffle dans sa musique.

 

Le 16/8 au Brussels Summer Festival.

 

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