Incendies: un récit poignant et un film passionnant

A la lecture du testament de leur mère, des jumeaux apprennent que leur père qu'ils croyaient mort est toujours vivant et qu'ils ont un frère aîné dont ils ignoraient l'existence. Pour Jeanne et Simon, la vie de leur mère n'a été qu'une succession de mystères.

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A la lecture du testament de leur mère, des jumeaux apprennent que leur père qu’ils croyaient mort est toujours vivant et qu’ils ont un frère aîné dont ils ignoraient l’existence. Pour Jeanne et Simon, la vie de leur mère n’a été qu’une succession de mystères.

D’où venait-elle exactement? Pourquoi est-elle soudain devenue mutique quelques semaines avant sa mort? Les jumeaux sont chargés par le notaire de retrouver les deux « disparus » au Moyen-Orient et de leur remettre à chacun une lettre…

D’une maîtrise totale, ce récit poignant, adapté de la pièce à succès de Wajdi Mouawad, est un réquisitoire puissant contre la guerre. Mais ce qui fascine ici n’est pas tant le discours politique que le portrait que Denis Villeneuve fait d’une femme humiliée (impressionnante Lubna Azabal). Pas étonnant qu’il soit revenu avec le prix du public du 25e Festival international du film francophone de Namur.

 Dans Incendies, la violence est réelle mais sourde. Le récit est dense et fragmenté. Vérité, mensonge, identité, racines. Un violent équilibre ayant comme pivot une scène d’anthologie: l’image d’une femme insoumise, pleurant devant un autobus en flammes au milieu du désert. Pour insister sur l’importance du devoir de mémoire et pour rendre hommage au genre féminin, Incendies tisse une toile percutante et brûlante. Oui, la violence est un héritage. Oui, l’être humain est en partie là pour souffrir. Un tableau bien noir mais nécessaire. Et un film passionnant servi par un coup de théâtre final éblouissant. – P.-Y.P.
Sortie le 12/1 – 130’.

Incendies
Réalisé par Denis Villeneuve (2010). Avec Lubna Azabal, Melissa Désormeaux-Poulin, Rémy Girard.
Notre avis: 3 étoiles

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