Il a loupé ses examens, on l’engueule?

Des milliers d'étudiants et leurs parents vont passer un été à l'ombre de leur mauvais bulletin. Six conseils pour rebondir.

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Pété, busé, morflé… Comme chaque année en juin, les redoutables adjectifs planent comme des vautours au-dessus de pas mal d'étudiants. Du primaire à l'université, l'échec scolaire est en embuscade. Et au-delà des premiers concernés – les étudiants – la sentence peut jeter bien des familles dans le désarroi et pourrir l'été. Pourtant, comme l'explique le psychologue clinicien Pierre Debroux, "l'échec scolaire est un cap difficile mais, bien géré, il peut n'être qu'une péripétie".

Première règle cardinale: dé-dra-ma-ti-ser.

"Chaque fois que vous mettez du mélodrame dans l'échec scolaire, vous ne faites qu'amplifier les situations de stress, d'angoisse ou de mésestime de soi du jeune", argumente Pierre Debroux. Une tension qui, autour de Noël et de juin, amène d'ailleurs de plus en plus de parents et d'enfants dans le cabinet du praticien. "Il ne s'agit évidemment pas de banaliser l'échec mais de l'envisager comme un événement qui peut faire partie du parcours de chacun." Et en cas d'examens de passage ou de deuxième session, la phrase-clé doit être "Je crois en toi et tu peux le faire". […]

Deuxième règle: on affronte l'échec ensemble.

Le jeune doit être accompagné. S'ils ont le temps, les parents peuvent se mettre au service de leur enfant pour encadrer son processus de remédiation et sa préparation à la deuxième session. Ils peuvent aussi recourir à un organisme extérieur comme, par exemple, l'École des devoirs, Échec à l'échec, l'association Cogito ou simplement un prof particulier. "L'avantage, souligne le docteur Debroux, est que cela permet de sortir le problème de l'univers familial. Cette aide professionnelle extérieure a aussi souvent pour vertu d'arriver à simplifier pour l'élève des notions qu'il estime compliquées."

Troisième règle: un contrat et un planning.

"En cas d'examens de passage, je conseille aux parents de définir avec leur enfant un cadre et un climat favorable pour l'amener à relever le défi. Cela passe par une sorte de "contrat" établi avec l'étudiant et comportant une série de règles et un planning précis à mettre en place", explique le psy.Cette méthode induit d'office un engagement et répond à l'incapacité de beaucoup d'enfants ou d'ados d'être autonomes dans la gestion de leur agenda, de leurs horaires, rythmes ou temps de travail. Le cas des étudiants à l'université est à part car on a quasiment affaire à des adultes. "Dans leur cas, la responsabilisation est essentielle, notamment financière. Tout comme les autres étapes de la vie scolaire, passer du secondaire à l'université est un cap hyper-délicat où l'échec fait une irruption spectaculaire dans la vie. Il faut s'y préparer. La première année est une année éliminatoire assez hard."

Quatrième règle: bannir les trop grandes sources de distraction.

"Le jeune doit intégrer que l'échec scolaire a telle et telle conséquence claire sur sa vie." Pour cela, on fait d'une pierre deux coups: on impose de sérieuses restrictions sur des activités parasites que nous, parents, estimons coresponsables de l'échec survenu. C'est-à-dire, à notre époque, la surconsommation de numérique via consoles, jeux, Facebook et autres mirages internet. La télévision aussi. Ce qui permet de retrouver un rythme biologique normal avec le temps de sommeil indispensable pour étudier l'été.

Cinquième règle: vive les vacances!

Déjà puni par son échec et par une certaine restriction de ses loisirs domestiques, il faut laisser à l'étudiant la capacité de souffler et de profiter quand même des vacances, qu'il ait des examens de passage ou qu'il redouble. "Il est absurde de sanctionner son fils ou sa fille en lui annulant des activités prévues comme des stages, des camps, du sport ou même des vacances en famille",relève Pierre Debroux. On peut donc réorganiser l'emploi du temps du jeune, mais il est capital de maintenir des activités sociales ou de détente. Tout en dégageant en cas d'examens une période d'étude en juillet et fin août.

Sixième règle: l'échec total ou partiel est une leçon pour l'enfant comme pour ses parents.
C'est son aspect positif. "Tout échec rappelle que rien n'est jamais acquis et que tout résultat dépend d'un minimum d'investissement personnel. Confronté à l'échec scolaire, l'étudiant est forcé de remettre en cause l'organisation de son "métier". Cela peut lui permettre de rebondir positivement." À condition de suivre les règles qui précèdent.

L'Ecole des devoirs: www.ffedd.be
Cogito: www.cogitobelgium.com

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