IBEYI – IBEYI

1364799

Deux sœurs sèment des mélodies féeriques entre Paris et Cuba: un jardin d’Eden.

Teint cuivré, cheveux noirs et pupilles éclatantes, les jumelles Naomi et Lisa-Kaïndé Diaz ont grandi dans un environnement musical. "Petites, on dansait tout le temps. On vivait la musique au quotidien, mais on n’imaginait pas faire carrière là-dedans. Pourtant, dans notre famille, c’est un métier valorisé", expliquent-elles. Les filles sont nées à Paris d’une maman française et d’un père cubain, le légendaire percussionniste Anga Díaz. "Il est décédé en 2006. C’est seulement après sa mort qu’on a pris conscience de sa réputation. Quand on est arrivées à l’école de jazz, tout le monde nous parlait de lui, de ses collaborations avec Ry Cooder, Ibrahim Ferrer, Steve Coleman ou le Buena Vista Social Club." Il faut donc croire que les filles ont la musique dans le sang. Réunies sous les majuscules d’IBEYI, elles sortent aujourd’hui un premier album envoûtant.

Entre la tour Eiffel et le soleil de La Havane, "IBEYI" invoque les divinités vaudoues et épouse la mélancolie du bitume, le vague à l’âme des grandes villes. Assise derrière son piano, Lisa-Kaïndé chante des histoires sans âge de sa voix soul et suave. A califourchon sur son cajón, Naomi prend le pouls de cette cérémonie mystique et souffle des chœurs aériens en direction de sa sœur. A leurs côtés, on a l’impression que la pop transgénique de Björk se déhanche sur les harmonies chaloupées du Buena Vista Social Club. La musique touche ici au sacré et l’histoire ressemble à un conte de fées: début de l’année dernière, une vidéo de la chanson Mama Says glisse sur Internet et tombe, comme par enchantement, entre les oreilles de Richard Russell, le boss du label XL Recordings (Adele, Radiohead, The xx). L’homme est connu pour ses bons goûts musicaux et son travail en studio. Quand il sort de sa réserve, c’est pour enregistrer des albums cultes: "I’m New Here" avec Gil Scott-Heron ou "Everyday Robots" en compagnie de Damon Albarn. "Quand nous sommes arrivées dans son bureau, il nous a tout de suite annoncé la couleur: "Vous êtes mon seul rendez-vous de l’année!" On avait l’impression d’avoir gagné au Loto." Et, quelque part, nous aussi. La musique d’IBEYI vaut bien tout l’or du monde.

Sur le même sujet
Plus d'actualité