Hors Compétition : Tony Gatlif refait West Side story chez les gitans avec Géronimo

« Le cinéma, c’est la fête » a déclaré le réalisateur né d’une famille de gitans andalous, très ému de présenter son film à Cannes, en séance spéciale, dix ans aprèsExils qui lui valait le prix de la mise en scène des mains de Quentin Tarantino.

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A en croire la scène d’ouverture du film, Tony Gatlif n’a rien perdu de son énergie. A moto, une jeune mariée plaque tout et s’enfuit avec son amoureux (notre David Murgia) en hurlant des « je t’aime ! » fous d’amour. Roméo et Juliette des temps modernes, Lucky et Nil s’aiment mais ne savent pas qu’ils viennent de mettre de feu au quartier, déclenchant une véritable vendetta entre leurs deux familles, l’une turque, l’autre gitane. Une éducatrice spécialisée (un peu perdue Céline Sallette) va tenter de calmer le jeu. Quitte à se brûler les ailes.

Porté par des acteurs acrobates à l’énergie vibrante (très impressionnante scène de bataille de danse urbaine, tournée de nuit en un seul plan séquence), le film rend clairement hommage à West Side Story, tout en nous plongeant dans la réalité sociale des quartiers urbains abandonnés et la solitude morale que traverse le personnage de Géronimo. Dommage que la stylisation et les effets de mise en scène l’emportent parfois sur l’épaisseur des personnages (trop effleurés), et laisse le film juste au bord du chef d’oeuvre.

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