Hooverphonic: Dernier domicile connu

Le trio glamour pop enregistre son nouvel album chez ses fans. Nous l'avons suivi en France. Au menu: barbecue, champagne, pétanque et grands frissons...

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Même avec  le GPS, on a failli ne pas la trouver… Jamais l’expression "au milieu de nulle part" n’a été aussi appropriée pour situer la maison où Hooverphonic enregistre son nouvel album. Perdue au bout du hameau de Rachechourt-Suzémont, lui-même caché au fin fond de la campagne champenoise où même les vignes ne poussent plus, la demeure est majestueuse, bucolique, accueillante mais humide. Le trio de Sint-Niklaas a installé son matériel dans toutes les pièces. Le salon sert de cabine d’enregistrement.

Séparée par une porte drapée de feutre noir, la salle à manger accueille la belle chanteuse Noémie et les guitares vintage de Raymond. Le piano se trouve au pied d’une cage d’escalier à l’acoustique impressionnante. Il y a des câbles un peu partout dans le couloir, des micros dans la salle de bain, d’autres au grenier et dans la grange voisine. Bienvenue dans le studio éphémère du plus populaire des groupes belges…

En l’espace de deux ans, Hooverphonic a vendu cent mille albums chez nous (dont 90 % en format CD). Après "The Night Before", disque du renouveau sur lequel on entendait pour la première fois le timbre de la jeune Noémie Wolfs et les deux CD avec orchestre ("Hooverphonic Orchestra" et "Live Orchestra"), l’attachante formation a voulu changer d’air et se trouver des défis inédits. "Hooverphonic existe depuis dix-sept ans, rappelle Alex Callier, leader en chef. La plupart de nos albums ont été réalisés dans mon home studio de Sint-Niklaas. Mais cette fois, on a voulu quitter notre zone de confort et nous ressourcer dans l’inconnu. On a lancé un appel à nos fans sur notre site Internet pour leur proposer de faire notre nouvel album chez eux. Nous recherchions des maisons "avec un confort acoustique" et un espace assez grand. On a reçu 180 candidatures de Belgique, mais aussi de France, d’Italie et de Roumanie. Notre choix s’est porté sur cinq lieux. On a commencé à travailler début juin  à Gentbrugge. On reste une semaine ici à Rachecourt et puis on poursuit à Nieuport, à Boom et à Hasselt."

[…]

"C’est comme si je me retrouvais en colonie de vacances, lâche Noémie. Je suis la plus jeune de l’assemblée, je peux me permettre d’être spontanée et d’y aller au culot. On dit toujours qu’Alex est un boss intransigeant. C’est un peu vrai, mais c’est aussi quelqu’un de très sensible sur un plan humain. Il est ouvert aux opinions extérieures. Alex fait non seulement confiance à son entourage, mais il l’encourage aussi. Pour mon anniversaire (elle a fêté ses vingt-quatre ans – NDLR), il m’a offert un logiciel Logic-Pro pour me permettre de créer mes propres compositions. C’était sa manière à lui de me dire: "Tu chantes dans Hooverphonic, mais  tu vas aussi nous écrire des chansons"."

Vent de fraîcheur

Par sa jeunesse, sa  volonté (elle a loué une chambre de bonne pendant trois mois à Paris pour apprendre le français) et son franc-parler, Noémie apporte un véritable vent de fraîcheur à Hooverphonic. Elle redonne aussi un peu de naturel à l’image glamour pop un peu trop figée qui colle au groupe. Tout comme Raymond, Noémie cosigne deux morceaux avec Alex pour ce nouvel album. Et puis il y a sa voix. Le grand frisson… A Rachecourt, elle nous a presque arraché des larmes quand elle interprète à la nuit tombante Erased et Bad Weather,deux ballades piano-voix. Quand elle chante, le temps est carrément suspendu. Tout le monde s’est installé au salon alors qu’elle se trouve seule dans la pièce voisine. Pas un mot, pas un bruit, seulement cette élévation céleste. Même Peter, l’ingénieur son qui en a pourtant vu – et entendu – d’autres, est au bord de l’émotion.

L’album de Hooverphonic sortira le 15 novembre. Il abrite quinze chansons pour quarante-cinq minutes de musique. Des titres très courts donc qui vont de la pop sautillante à l’hommage à Electric Light Orchestra en passant par la mélodie intimiste. Avec, pour nous, ABC Of Apology, morceau catchy aux guitares évoquant The Cure, qui s’impose comme premier single. "Cet album a été conçu autour de la voix de Noémie et de la mélodie. Nous recherchons quelque chose de très simple et de profondément pop. Aucune chanson ne dépasse les trois minutes. Pour moi, un bon album pop, c’est celui que vous voulez réécouter lorsque vous arrivez à la fin de la  dernière chanson, précise Alex. Je n’aime pas quand on dit que je suis un perfectionniste. Par contre, je suis très attentif sur le soin apporté à l’atmosphère d’un album. Sur ce nouveau disque, j’ai envie qu’on entende toutes les spécificités acoustiques des maisons où nous enregistrons. Le bois du plancher qui craque, les oiseaux qui chantent, la réverbération dans la cage d’escalier et même les imperfections." Quelques minutes plus tard, le pianiste se plaint du son "bizarre" du piano dû à l’humidité ambiante des lieux. C’est au sèche-cheveux que les touches seront séchées… Oui, ça va faire un bel album.

Des vidéos quotidiennes de l’enregistrement de l’album sur www.hooverphonic.com

Hooverphonic With Orchestra au Cactus Festival, Bruges, le 12/7.
Le 13/7 à Rock Zottegem.
Le 14/7 aux Ardentes.
Du 27 au 29/8 au Rivierenhof d’Anvers.

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