Hanni El Khatib – Moonlight

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Le rockeur californien réchauffe l’hiver avec un troisième album chaud bouillant.

En 2012, un grand tatoué de Los Angeles tombait de sa planche de skate, renversant dans sa chute un paquet de morceaux géniaux: des déferlantes de rock’n’roll, des tubes rebelles, en prise directe avec les légendes d’une Amérique éternelle. Avec son premier album ("Will The Guns Come Out"), Hanni El Khatib est venu planter sa guitare entre celle de The White Stripes et The Black Keys. Époustouflé par cette performance, le leader des Black Keys, Dan Auerbach, lui propose dans la foulée ses services de producteur. "On a enregistré mon deuxième disque ensemble. Dan venait d’achever la construction de son studio à Nashville. Il cherchait un "cobaye" pour tester son matos. Ça m’allait très bien", remarque El Khatib en souriant.

"Cette fois, je n’ai pas pensé en termes d’album. Je me suis focalisé sur la musique. C’est à force de prendre du plaisir dans l’écriture des chansons que ça s’est précisé." Exercice récréatif et hédoniste, le nouveau "Moonlight" a aussi pris le temps de mûrir et de se construire. "Je sortais de quatre années de tournée. J’avais besoin de me ressourcer. Et puis, en marge de ma carrière, je dirige le label indépendant Innovative Leisure sur lequel je signe des artistes que j’aime: Allah-Las, Nick Waterhouse, Rye ou Badbadnotgood. Deux copains m’aident à tenir la boutique. À un moment, j’ai réalisé que je leur laissais trop de boulot. J’étais en concert à l’autre bout du monde. Je ne gérais plus rien. Pendant dix mois, je me suis donc concentré sur le label. Le soir, pour me relaxer, je sortais ma guitare et j’essayais des trucs."

À côté des décharges électriques, soul et sexy (Melt Me), ce nouvel effort solo offre ainsi de belles alternatives, comme ce Two Brothers, rock discoïde et étrangement dansant ou l’implacable rythmique hip-hop du single Moonlight, morceau éclatant dont on trouve sur Internet une incroyable version reformulée aux côtés du rappeur GZA (Wu-Tang Clan). "Quand mon précédent album est sorti, on a beaucoup parlé de Dan Auerbach et des Black Keys. C’est pour cette raison que j’ai écarté la version de Moonlightavec GZA. Je tenais à ce que ce disque soit un truc excitant, personnel et singulier." Mission accomplie.

Nicolas Alsteen

Le 17/3 au Botanique.

 

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