Habemus Papam: Le duo Piccoli-Moretti pour un cocktail à l’encens

On respire du côté du Vatican. On craignait que cette histoire d’un pape dépressif, dynamitée par l’association entre l’un des réalisateurs les plus subversifs du cinéma italien et Michel Piccoli, accouche d’un brûlot caustique.

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Trublion qui égratignait encore récemment le milieu politique de son pays avec Le Caïman, et armé d’un acteur qui a marqué durablement le cinéma italien dans La Grande Bouffe, Nanni Moretti signe un film très sage. Mais pas question pour autant de jeter le verre avec le vin de messe! La base de l’histoire est originale avec un Piccoli – parfait – en pape qui s’enfuit dans les rues de Rome pour éviter sa destinée. Moretti passe, lui aussi, la barre en psy athée qui devra convaincre le Saint-Père de bien vouloir enfin se présenter à la foule sur le balcon de la place Saint-Pierre.

Parfois gratuitement provocateur (un match de beach- volley sous les fenêtres du Saint-Père serait donc la scène la plus subversive possible?) et souvent maladroitement sympathique (Moretti se révèle, malgré lui, assez drôle en disciple de Freud), Habemus Papam se destine en fait plus aux catholiques fervents et désireux d’aborder la religion sous un angle plus humain qu’aux bouffeurs de curés. Qui, eux, seront déçus du manque de mordant.

Habemus Papam
Réalisé par Nanni Moretti (2011). Michel Piccoli, Nanni Moretti, Jerzy Stuhr – 102’.

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