Guy Spitaels est décédé

Le PS et l'Etat belge perdent une figurehistorique. La Région wallonne, un père fondateur.

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Guy Spitaels, ministre d'Etat et ancien président du PS, est décédé dans la nuit de lundi à mardi, à l'âge de 80 ans. En février 2011, il avait été agressé en rentrant à son domicile bruxellois. Des analyses médicales menées à cette occasion avaient alors révélé une tumeur au cerveau, qui lui a finalement été fatale.

Figure marquante de la politique belge de la fin du XXe siècle, Guy Spitaels aura été le témoin privilégié, et souvent un acteur, de l'évolution du pays, de la "Belgique de papa" à l'Etat fédéral actuel. En 1973, il intègre le cabinet d'Edmond Leburton, dernier locataire francophone du 16 rue de la Loi avant Elio Di Rupo. Selon son biographe, il y sera, déjà, frappé par les humiliations flamandes à l'égard de la minorité linguistique.

Plusieurs fois ministre lors des années suivantes, notamment au sein des gouvernements Martens I à IV, il embrasse une secondecarrière en 1981, quand il prend la présidence du PS, à la suite d'André Cools. Comme Mitterrand, dont il singeait parfois les poses monarchiques, il y prône un socialisme réaliste. Mais il lui faudra attendre le score historique de 1987, 43,9 % des voix en Wallonie, pour voir sa formation goûter à nouveau au pouvoir. Et participer à la profonde réforme institutionnelle imposant le fait régional dans les structures de l'Etat belge.

En 1992, Guy Spitaels cède la présidence àPhilippe Busquin et devient ministre-président wallon. Un an plus tard, celui que l'on surnomme "Dieu" en raison du pouvoir absolu que lui et son parti semblent exercer en Wallonie, est inquiété par la Justice, avec deux autres "Guy", Mathot et Coëme, pour faits de corruption dans le cadre de l'affaire Agusta. Fin 1998, celle-ci rend son verdict. Il écope de deux ans de prison avec sursis. Deux ans plus tard, il se retire définitivement de la vie politique pour se consacrer à la rédaction d'essais sur la politique internationale. Lors de sa dernière interview, en septembre 2011, il développera sa vision pessimiste quant à l'unité future du pays, invitant le PS et le MR à définir le plus tôt possible la façon dont ils administreront laWallonie.

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