Grippe saisonnière: Pour ou contre le vaccin?

A l'heure des premières fièvres, voici les arguments de ceux qui conseillent la vaccination. Et de ceux qui la combattent.

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Pour

La question ne devrait même pas se poser. Ce vaccin sauve des vies. Il faut se rappeler que les épidémies de grippe tuaient encore des dizaines de milliers de gens jusque dans les années 70, comme la grippe dite « asiatique » en 1957 ou celle de Hong Kong dix ans plus tard. Sans parler de la terrible grippe espagnole de 1918 dont on dit qu’elle a fait trois fois plus de victimes que la guerre elle-même, soit 30 millions de morts en Europe. Depuis l’utilisation du vaccin, ces épidémies mortelles ont disparu.

Contre

La mortalité a baissé, c’est vrai. Mais est-ce grâce au vaccin? Rien n’est moins sûr. Il se pourrait qu’on enregistre là le résultat d’une nette amélioration de notre hygiène de vie, doublée d’un usage efficace des antibiotiques qui permettent de lutter contre les infections bactériennes souvent associées à la grippe. Or celles-ci tuent autant, sinon plus, que le virus lui-même.

Pour

Ce vaccin s’inscrit effectivement dans le cadre d’une meilleure prise en charge de la pathologie aux côtés d’autres progrès médicaux. Il s’agit d’un volet prévention qui participe pleinement à l’amélioration du pronostic. Pourquoi le combattre? On devrait se réjouir au contraire de l’existence de ce vaccin et d’une mise au point qui a nécessité un formidable travail de collaboration internationale.

[…]

Contre

Il n’existe pas de chiffres fiables qui reflètent la mortalité de la grippe dans la mesure où, dans la plupart des cas, on ne fait pas de diagnostic virologique. Quant à la baisse de la mortalité, elle débute avant la généralisation des vaccins!

[…]

Pour

C’est absurde! On ne peut tout de même pas nier les progrès de la science depuis l’époque médiévale. Le vaccin contre la grippe est remarquablement efficace et la vaccination, gérée avec sagesse en ciblant précisément les personnes à risque.

[…]

Contre

Lorsqu’il s’agit de déterminer les groupes cibles, le discours des partisans du vaccin est parfaitement hypocrite. On affirme d’abord que cela ne concerne que certaines personnes. Ensuite, on définit les groupes de façon à englober tout le monde. Car il n’y a pas que les catégories précitées. On préconise aussi le vaccin aux personnes qui sont régulièrement au contact de ces groupes cibles, ainsi qu’à toutes celles qui travaillent dans les institutions (hôpitaux, écoles, homes).

[…]

Pour

On possède un outil efficace pour éviter un épisode douloureux. N’importe quelle personne normalement sensée conclurait qu’il serait stupide de vouloir s’en passer. Surtout que le vaccin contre la grippe se limite à une petite piqûre au niveau de l’épaule, qu’il est bon marché et même gratuit pour les patients qui appartiennent à l’un des groupes à risque.

Contre

Pour les Etats, le vaccin est loin d’être gratuit. L’investissement se chiffre chaque année en millions d’euros qui pourraient être dépensés de façon beaucoup plus utile autrement.

[…]

Pour

Il est très à la mode aujourd’hui de porter les pires accusations à l’encontre des laboratoires pharmaceutiques et de dénoncer notamment les pressions qu’ils exercent sur les dirigeants politiques. Mais que dire alors de celles des groupes anti-vaccination qui n’hésitent pas à utiliser des arguments totalement bidon et à défendre des thèses farfelues comme par exemple celle qui présentait la vaccination contre la grippe H1N1 comme une machination du pouvoir pour réduire la population planétaire? […]

Contre

La véritable démarcation entre partisans et adversaires de la vaccination ne se situe pas sur le plan des connaissances. Elle est plutôt d’ordre philosophique. Les premiers voient la maladie comme un adversaire, un ennemi à « éradiquer » (c’est le terme utilisé par l’OMS). Ils relaient un discours qu’on appliquait autrefois à la nature lorsqu’on classait les animaux selon qu’ils étaient « utiles » ou « nuisibles ». Aujourd’hui, on sait que ce

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