Gouvernement « suédois », N-VA, Francken, Jambon: Not in my name

Chaque semaine, Vincent Peiffer refait le monde dans sa chronique "Que du beau monde". Mercredi dernier, il a poussé un coup de gueule sur le nouveau gouvernement. 

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Je n’ai pas d’autre mot: dégoût. Mais je ne sais pas ce qui me dégoûte le plus. Est-ce la faculté qu’a la Flandre politique (pas entière, mais pas loin) de tout banaliser? On peut chicaner longtemps sur les fréquentations, sympathies, écrits et paroles de Jambon et Francken: ces types sont (au moins) des sympathisants de l’extrême droite, des révisionnistes de la collaboration et/ou des racistes rampants. Point. Des séparatistes républicains? Aussi. Mais ça, ça se respecte. En revanche, le révisionnisme est un crime. Le racisme et l’homophobie aussi. Ce ne sont pas des "erreurs" excusables en vingt secondes, Monsieur Michel! Deux ministres de votre gouvernement s’y adonnent sans que vous ne les éjectiez dans la minute. Ça me dégoûte. Comme de lire ce titre dans la presse étrangère: "Belgique: le spectre du fascisme". J’ai honte. J’ai honte que vos nouveaux amis résument les débats parlementaires de la semaine passée à un affrontement gauche/droite ou Flamands/francophones. Un numéro de cirque, une foutaise, quoi. Non, mille fois non! Les démocrates de droite comme de gauche ont des valeurs communes. Que ne partagent pas ces types. Leur présence dans "mon" gouvernement me débecte.

 

 

Et j’ai honte de cette facilité francophone à se coucher devant les diktats d’une certaine Flandre. Vous, évidemment, Monsieur Michel. Et aussi des leaders d’opinion, politologues, historiens, journalistes: les Flamands ne voient pas les choses comme nous, donc on s’écrase. Le summum? Johanne Montay éditorialisait au JT après les "excuses" du convivial Francken: "Il faut maintenant passer à autre chose", assenait la cheftaine politique de la RTBF. Ah bon? Oui: "Pour les partis flamands de la majorité, et pas seulement la N-VA, le PS et le CDH font vraiment du sabotage. Le risque (…) serait de contribuer au programme de la N-VA: démontrer que la Belgique ne fonctionne plus". Et de conclure en qualifiant (humblement) son propos de "bouffée d’intérêt général à respirer en cas d’urgence". Ah non, chère consœur. Cet air-là m’est irrespirable. Je ne passe pas à autre chose. Et la seule urgence reste d’imposer à Bart De Wever qu’il éjecte ses deux créatures du gouvernement. Tout de suite. Impossible, sous peine de voir déjà tomber le gouvernement? Foutaise! Il faudra alors que Bédéwé explique à l’opinion flamande, qui dispose enfin de "son" gouvernement de (centre-)droite, qu’il provoque le chaos juste parce qu’il refuse d’élaguer deux branches pourries. Bonne chance. Essayez le vrai courage, Monsieur Michel. Ça vous évitera des justifications pathétiques, à vous et d’autres MR… Ça évitera aussi aux démocrates libéraux d’avoir honte de vos compromissions. Ça leur permettra aussi d’enfin s’exprimer.

 

Un exemple? Sur Facebook, Frédérique Ries, eurodéputée appréciée et machine à voix du MR, écrivait un post de réaction au "collabo" lancé par Benoît Lutgen à Denis Ducarme. On la comprend. Mais elle écrivait aussi ceci:Vous exigez des démissions ? Je vais sortir de ma réserve et vous dire que j’en pense autant, même si je ne devrais pas le dire et encore moins l’écrire."Vous exigez des démissions? Je vais sortir de ma réserve et vous dire que j’en pense autant, même si je ne devrais pas le dire et encore moins l’écrire". C’est ça, votre Belgique, Monsieur Michel? Des simili-fachos au gouvernement et un parti, le vôtre, où on ne peut pas dire et encore moins écrire que ces types doivent être dégagés? Not in my name, Monsieur Michel. Pas en mon nom.

vincent.peiffer@moustique.be

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