Goodbye Morocco

"Un pour tous, tous pourris". Voici une peinture au vitriol du Maroc moderne sur fond de film noir! Car Goodbye Morocco possède deux niveaux de lecture, et c’est ce qui en fait toute sa richesse.

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Une femme à poigne, style mante pas très religieuse, divorcée avec un enfant, vit une nouvelle relation considérée comme scandaleuse.

Elle n’aspire dès lors qu’à une chose: quitter le pays. Afin de réunir l’argent pour le voyage, elle se lance dans le trafic d’oeuvres d’art exhumées dans un chantier qu’elle dirige. Mais la disparition de l’un de ses ouvriers va sérieusement contrecarrer ses plans.

"Goodbye Morocco peut donc se regarder comme un thriller ou comme une description du fonctionnement politique encore pour le moins erratique du Maroc", explique Lubna Azabal, toujours tout feu tout femme quand il est question de monter au créneau.

Loin du Maroc de carte postale, ce polar pousse à la découverte du versant glaçant des guides touristiques.

Avec un pays miné par la corruption, l’émigration clandestine, le tourisme sexuel et les intolérances en tous genres. "L’objectif n’était pas de faire fuir les visiteurs. Mais de montrer que si ce pays s’occidentalise d’un côté, il demeure encore très féodal de l’autre. C’est cet équilibre instable, cette démocratie encore très fragile qui fait tout l’intérêt du film."

Incertain jusqu’à son dénouement, Goodbye Morocco entremêle les intrigues avec une mécanique d’horlogerie fine. Mais accumule aussi trop de personnages secondaires, quitte à parfois nuire à la fluidité de l’histoire. Mais sans jamais se départir d’un militantisme courageux et bienvenu.

Goodbye Morocco
Réalisé par Nadir Moknèche. Avec Lubna Azabal, Radivoje Bukvic, Faouzi Bensaïdï – 102’.

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