François Pirette: « J’ai le nonsense populaire »

Il reste le roi de l’humour belgo-belge et il le prouve avec un nouveau grand show mensuel sur RTL. Mais, hyper-angoissé, il se voit déjà tout en bas de l'affiche…

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À quelques jours de votre retour sur RTL, on vous imagine angoissé…
François Pirette – Ça ira peut-être mieux dans une petite semaine. Même si ce n'est pas très confortable à vivre pour moi et pour mon entourage, le stress est sans doute la seule chose qui me rassure un peu. Je ne vais pas entamer une analyse avec vous mais c'est bien plus que du trac. C'est carrément de l'angoisse!

Vingt ans de scène et de télé n’y changeraient donc rien?
C'est même de pis en pis… Sans doute est-ce dû à mon âge. En tout cas, j'étais beaucoup plus désinvolte et insouciant il y a quelques années. La sentence peut être terrible et je suis de plus en plus conscient de la fragilité de tout cela.

Le complexe de la page blanche, aussi?
Oui. Et quand je vois ce que font les Anglo-Saxons ou les Canadiens par exemple, je me dis que nous ne sommes vraiment que des nains. Regardez la série Little Britain. Quand j’ai vu ça pour la première fois, je me suis tapé une déprime de la mort pendant une semaine. Je me sentais totalement dépassé. Je voulais tout arrêter…

Si vous passiez les auditions de The Voice, Maureen vous demanderait quel est votre grigri…
Je n'ai pas beaucoup eu l'occasion d'aller à l'école mais j'ai fait trois mois d'art dramatique au Conservatoire de Bruxelles dans la classe d'André Debaar. Alors, quand je stresse, je me remémore ses paroles: on n'a pas le droit d'avoir le trac car on n'engage que son ego. Le seul qui a le droit de l'avoir, c'est le chirurgien qui opère à cœur ouvert…

Pourquoi revenez-vous avec un rendez-vous mensuel si l’exercice est de plus en plus douloureux?
Un show trimestriel ne me permet pas assez de rebondir sur l’actualité. Et si RTL me proposait une capsule quotidienne d'1 minute 30, j'accepterais tout de suite. D’autant que les enjeux ne sont pas les mêmes. Avec un programme court, on peut être moins bon un jour et se rattraper le lendemain. Ici, on n'a pas droit à l'erreur.

Vous enregistrez désormais ce nouveau show télé au On Air Studio de Mons. Un lieu chargé d'histoire personnelle…
C'était d'abord l'Alhambra, le cinéma de mon enfance dans lequel j'ai notamment découvert Papillon et L’aile ou la cuisse. Ensuite, ce lieu a été transformé en discothèque et j'y allais de temps en temps. Du moins lorsqu'on me laissait entrer…

Vous portiez des baskets?
Oui! Je n'étais pas sapé comme un sagouin mais il faut bien reconnaître que je n'avais pas une élégance naturelle. Sans doute aussi parce que je m'habillais en suivant les conseils de ma mère!

En quoi ces nouveaux rendez-vous sur RTL-TVI sont-ils novateurs?
S’installer de façon permanente dans ce nouveau lieu va d’abord nous permettre d’y planter un décor bien plus conséquent. Derrière la toile de cinéma, il y a une coursive, un balcon, des portes, des escaliers et on a transformé la salle en façade d’habitation populaire. Cette architecture a directement inspiré le spectacle et son titre. Bon, ce n'est pas non plus le Grand Rex de Paris ni le Kodak Theatre des Oscars…

Les gens d’en bas, c’est en référence aux propos du président français?
Je vis quand même en "Sarkozye" depuis ses débuts! Je ne supporterai jamais cette condescendance… J’ai aussi envie de parler de ces "gens d’en bas", parce qu’ils sont plus ouverts et qu’ils s'approprient plus facilement la folle course du monde dans leurs conversations intimes. Tout se passe en bas de cet immeuble, dans une cour qui fait office de place publique où ces personnages se substituent à mes propres angoisses, à mes révoltes. On y parle du cynisme ambiant, du naufrage du Costa Concordia, de la Grèce…

Vous allez encore refaire le monde?
Ce seront plutôt des réflexions courtes car je ne suis pas philosophe ni politologue. Je n'ai pas le bon sens populaire, j’ai le nonsense populaire…

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Installé en France, n'éprouvez-vous pas plus de difficultés pour porter un regard juste sur ce qui se passe chez nous au quotidien?
Beaucoup de gens se demandent de quoi je me mêle, puisque je ne vis plus en Belgique. Ils disent que j’ai changé, alors que cela fait 18 ans que je vis en France! Même mon personnage en bigoudis a été inventé dans mon lit du 3e arrondissement de Paris. Je ne me suis jamais autant senti concerné et je n'ai jamais autant écrit sur la belgitude depuis que je ne vis plus ici.

Alors, un dernier mot sur notre nouveau Premier ministre?
Je ne suis pas certain qu’Elio ait bien digéré le fait de constituer un gouvernement qui aille au-delà de ses convictions fondamentales… Mais le pragmatisme fait aussi partie des grandes qualités d'un homme d'État et il aurait pu embrasser Bart De Wever au lieu de lui serrer la main. Je lui tire mon chapeau pour avoir été le seul à être parvenu à un accord. C'est loin d'être gagné mais, pour une fois, ce n'est pas perdu…

LES GENS D'EN BAS DIMANCHE 11 RTL-TVI 20H20

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