François descend de la montagne et Hercules remonte le temps

Encore une belle soirée contrastée aux Nuits Botanique.

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A défaut d'être rempli,  le Chapiteau des Nuits Botanique est coloré ce mardi soir à l'heure d'accueillir François & The Atlas Mountains. Artiste à l'âme d'enfant et aux multiples talents, François Marry "le Français" vient de sortir avec "Piano Ombre" un nouveau petit bijou de pop bricolée. Sur scène, ils sont à six pour nous emmener dans son jardin extraordinaire. Les refrains sont incisifs et la musicalité variée, entre nappes de claviers, guitare électrique, percussions africaines et souffle de cuivres. Inventive et ensorcelante, la recette a le mérite de mettre tout le monde de bonne humeur. Et même si on reprochera au groupe d'avoir un peu trop fait les sots en fin de set, leurs mélodies qui ne sont pas sans rappeler la folie pop de Vampire Weekend (The Way ToThe Forest, La fille aux cheveux de soir, Slow Love, Je suis de l'eau, La vérité)  résonnent encore dans nos têtes. Cool…

Les New-Yorkais Hercules And Love Affair débarquaient aussi au Nuits avec un nouvel album dans leur sac fluo et à paillettes. "The Feast Of The Broken Heart" est comme il fallait s'en douter un disque qui s'invite sous la boule à facettes et effectue des allers-retours rectilignes entre le disco seventies du Club 54 et l'électro/house sucrée contemporaine.  Maître de cérémonie du collectif, le DJ Andy Butler est le seul à aller au turbin sur scène. Il tape dans les mains, lance des œillades aux couples qui s'éclatent dans les premiers rangs et danse comme  un derviche tourneur. Avec son look improbable qu'on situera entre le chanteur Dead Or Alive (mais oui, le mec qui chantait You Spin Me' Round) et celui (au choix) d'un groupe de hair metal californien des années 80, le vocaliste en fait des tonnes dans l'opération charme mais n'est pas toujours servi par le son. Bof…. Et ce n'est pas l'écran minuscule et ses projections basiques qui nous enlèvera ce goût de trop peu.  Chou comme tout sur album et certainement très efficace dans les clubs à trois heures du mat', la musique de Hercules And Love Affaire mérite beaucoup plus en live que deux bonhommes qui appuient sur la touche "control" de leur MacPro et deux autres qui tiennent un micro.  Jeudi soir, on a eu droit à un semblant de performance plus qu'à un vrai concert.

En début de soirée,  on s'est amusé à compter et on est arrivé au nombre 32. Oui, trente-deux personnes, ni plus, ni moins, ont assisté au concert des Américains de Hospitality à l'Orangerie. Le groupe de Philadelphie s'est dit désolé de jouer dans une salle un peu trop grande pour lui (un doux euphémisme) mais a pourtant livré un set de très bonne facture.  Avec sa chanteuse/guitariste Alber Papini, sa rythmique sautillante et des refrains indie à la croisée du rock et de la pop, cette formation nous fait un peu songer aux Throwing Muses emmenés jadis par Kristin Hersh.   Hospitality a deux albums à son actif ("Hospitality" et le petit dernier "Trouble") et a a donc rendu heureux trente-trois personnes.  C'est déjà ça. Plus tard dans la soirée, il n'y avait guère plus de monde pour succomber  au punk/rock nerveux, et lui aussi très convaincant, du trio british Traams.  Séance de rattrapage au Dour Festival le 19 juillet.

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