François & The Atlas Mountains – Piano Ombre

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Le Français de l’année s’appelle François et il vous emmène au sommet de la pop.

 

L’histoire de François Marry est celle d’un petit gars qui grandit dans une chambre trop étroite pour héberger tous ses rêves. Un jour, il ressent le besoin de quitter sa Charente natale pour s’évader du côté de Bristol, sous la grisaille britannique. Jolie grenouille au royaume du roast-beef, François apprend l’anglais et apprivoise les codes de la pop music. Après trois essais autoproduits, un retour au pays et deux disques importants ("Plaine inondable" et "E Volo Love"), on le retrouve aujourd’hui en haut de l’affiche avec "Piano Ombre", album conçu avec les fidèles Atlas Mountains et ficelé par Ash Workman, producteur de Metronomy.

 

En France, certains l’annoncent comme le sauveur de la pop. Pas pour rien si Etienne Daho l’a récemment invité au chevet de ses chansons. "Il est venu me voir en concert, confie François. On a discuté, le courant est bien passé. Par la suite, Etienne m’a proposé d’adapter un texte pour lui et de l’accompagner sur un morceau. C’était cool de bosser sur son disque. Quand on a grandi en France, on a forcément été bercé par sa musique." Au rayon surnaturel, les mélodies de "Piano Ombre" touchent à la perfection. Ici, François gratte des couches de poésie, creuse au cœur de nos vies et met le doigt sur La vérité, tube instantané qui remet en cause notre quotidien dans une explosion de couleurs. Ailleurs, le chanteur se penche sur l’époque, écrit La vie dure et s’interroge: "Considères-tu qu’il faille travailler plus pour mener la vie dure à ceux que tu aimes le plus?" "S’épuiser au travail, c’est l’erreur du siècle, glisse-t-il. La compétitivité pousse à l’individualisme. Cela attise la peur de l’autre et les conflits."

 

Pour retrouver le sourire, on s’abandonne dans les chansons de "Piano Ombre" où, spontanément, François chante en français. Contre nature, il gazouille parfois en anglais. Sans foi ni loi, François est de toutes les fêtes: il danse autour du feu d’Arcade Fire, embrasse les mots de Dominique A, flirte avec les mélodies de Vampire Weekend et se met en transe sur des rythmes africains. Surtout, il signe un disque parfait.

Nicolas Alsteen

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