Florence Foresti: « Moi aussi j’ai besoin qu’on me remonte le moral »

Star comique née à la télé et définitivement adoptée avec Motherfucker, one woman show énervé, elle tente de se faire remarquer au cinéma.

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Vous êtes l'une des humoristes préférées des Belges et des Français. Vous pourriez vous contenter de cela. Et pourtant, vous revoilà au cinéma. Pourquoi?
Florence Foresti – Parce que j'ai flashé sur cette histoire et qu'il m'est impossible de la transposer sur scène. Et puis, c'est un film qui joue avec les codes de la comédie américaine que j'adore. Je suis une grande fan des comédies US que certains appelleront des navets: les frères Farrelly (Mary à tout prix), Judd Apatow (40 ans, toujours puceau) ou les films avec Ben Stiller ou Adam Sandler. J'adore regarder ça, c'est mon plaisir du dimanche soir.

C'est un fantasme d'être actrice de cinéma?
Non, pas du tout. Je n'ai jamais voulu être actrice, je voulais être comique. Pour moi, il y a un gouffre entre les deux. L'actrice ne fait qu'interpréter. Moi, je suis aussi venue à la comédie et au one woman show parce que je voulais défendre un propos.

Donc, contrairement à plein d'humoristes, vous n'avez pas le fantasme de Tchao Pantin, de l'humoriste qui brille dans un grand rôle dramatique?
Non. Je serais bien malheureuse. Peut-être que je ne dirai pas ça dans dix ans. Mais aujourd'hui, mon unique plaisir est dans le rire des gens.

Qu'est ce que la comédie a de plus à vos yeux?
Le plaisir de l'instant. Exemple: si j'avais un grand rôle dramatique, qu'est-ce que j'en tirerais comme plaisir? Je crois que ce serait un plaisir narcissique et vaniteux d'avoir une reconnaissance du métier ou un peu du public. Mais moi, la reconnaissance du public, je l'ai. Elle est dans les sourires que je vois chaque soir dans la salle, qui sont une réponse immédiate et sincère à mon travail.

En tant qu'artiste, seule la comédie vous intéresse. Et en tant que spectatrice?
Aussi. Je ne vois pratiquement que des comédies, je suis folle de ça. Bon, je vais bien voir un petit drame de temps en temps mais mon loisir est d'aller voir des comédies au théâtre, de regarder des séries et des films drôles, de lire des bouquins qui me font marrer. Si je ne me fais pas violence, je vais me limiter à la comédie, comme le public lambda. Moi aussi j'ai besoin qu'on me remonte le moral. Moi aussi, j'ai besoin de rigoler. Et je ne prends aucun plaisir à chialer.

Est-ce que vous travaillez à un nouveau one woman show?
Non, pas encore, mais je me connais et ça ne saurait tarder parce que je vais bientôt commencer à tourner en rond. Mais je ne sais pas encore ce que ce sera.

Vous en êtes certaine?
Franchement, je vous jure. Bon, me connaissant, ça risque encore de tourner autour des femmes. En ce moment, ce qui me fascine, c'est le diktat de la minceur et de la beauté. Mais aussi l'imagerie érotique, l'imagerie de la chienne, de la salope que l'on colle à la femme dans les médias, la pub ou les clips vidéo. C'est inquiétant. Et donc intéressant pour un spectacle.

Est-ce que vous trouvez ça parfois étonnant d'être devenue une telle vedette?
Je ne trouve pas ça étonnant mais je sais que je suis chanceuse et super-privilégiée. Mais je sais aussi que j'ai travaillé pour y arriver même si c'était dans le plaisir. Ça n'aurait pas pu ne pas marcher car je ne me suis pas laissé le choix. J'ai vécu au jour le jour sans jamais douter qu'à un moment, la sauce allait prendre. Car plus j'avançais, plus tout concourait à me prouver que j'étais à la bonne place. Les gens riaient quand ils étaient 40. Et puis, ils ont été 100 et puis, c'était fait…

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