FAUVE dans l’arène

Gros buzz qui divise déjà la critique, le collectif parisien lâche enfin son premier album. Carnassier, sauvage, poétique mais aussi inégal.

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FAUVE baise les rapports humains baisés, défait le défaitisme, hait la haine et a honte de la honte." Inscrite en homepagede leur site Internet, cette déclaration de foi résume parfaitement la philosophie du collectif français FAUVE qui fait l'objet de toutes les attentions. Formé à Paris début des années 2010 par des potes de la fac, ce collectif pluridisciplinaire essaie d'imposer ses règles dans un business qui, finalement, n'attendait que ça pour se réveiller un peu. Peu de photos officielles, identité de ses membres cachées et, çà et là, quelques messages balancés aux médias, histoire de nous dire "Eh les mecs, on n'est pas comme les autres. On ne cherche pas à être mystérieux, nous souhaitons rester discrets. Ce n'est pas pour stimuler le questionnement, mais on aimerait que les gens se focalisent plus sur le projet que sur les gens qui le composent",se défendent-ils.

Vus de France, ils sont déjà considérés comme les sauveurs du rock par l'intelligentsia. "Ce quintette parisien porte à bout de bras la fureur de vivre", écrivait Les Inrocks voici un an à la sortie du premier EP de FAUVE, "Blizzard". Moins lyrique mais tout aussi admiratif, Télérama évoque "l'une des formations hexagonales les plus originales du moment" alors que Le Nouvel Obs parle d'"un véritable phénomène musical". Mais on peut aussi lire sur la Toile que "FAUVE ne serait qu'une version branchée/bobo de Saez" et leur concert au Dour Festival en 2013 est loin d'avoir fait l'unanimité.

Musicalement, l'histoire de FAUVE respire l'urgence. Fin 2011, sur Youtube, deux vidéos crues attirent le regard et les oreilles. Il s'agit des chansons Kané et Sainte Anne. Pour être précis, c'est justement parce que ce ne sont pas vraiment des chansons qu'elles suscitent notre intérêt. FAUVE ne chante pas, ne slamme pas et ne rappe pas. Il parle. Un langage direct, interpellant qui tutoie l'auditeur autant qu'il le secoue. Dans le fond, des guitares rock, des boucles électro et quelques effets piqués sur des Apps enrobent cet exutoire. "L’écriture de morceaux est née d’un besoin commun et urgent de vider le trop-plein avec le moins de contraintes possible. D’où le français, d’où les textes, d’où le spoken word", explique la formation sur son site.

Enregistré à la maison "comme des bricolos du dimanche avec un iPhone qui captait des notes de piano", le premier album de FAUVE souffre pourtant de redondance dans son propos. Passé l'effet de surprise et des titres à la rage parfaitement maîtrisée (De ceux et ses guitares ensorcelantes, Jeunesse Talking Blues qui réinvente la protest song), l'album est quelque peu victime de son cahier des charges et sonne aussi très parisien branchouille. Le parler a ses limites et c'est dommage car lorsque FAUVE se laisse entraîner dans la ritournelle (sur Infirmière), il se passe vraiment quelque chose de différent. Et puis FAUVE se trompe au moins sur un point. "Nous sommes de ceux sur lesquels on ne parie jamais", disent-ils à tort sur De ceux.

Le 22/5 aux Nuits Botanique, Cirque Royal.

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