Expo: De bien jolies turbulences à la villa Empain

A la Villa Empain, une trentaine d’artistes explorent l’ordre et le chaos. Magique!

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La turbulence, c’est l’ordre et le désordre, les variations de flux. Ce phénomène physique, transposé à l’art, que donne-t-il?

C’est à cette question que tente de répondre sur trois niveaux et en cinq chapitres (distorsions, ondulations, flux, graphes, nuées) l’exposition ”Turbulences II”, proposée à la Villa Empain avec la collaboration du prestigieux Espace culturel Louis Vuitton (Paris).

D’abord, on ne voit qu’elle, cette grande sphère de verre de Petroc Sesti, une sorte de boule de neige dans laquelle se déforment, se diffractent, le décor du rez-de-chaussée et le bleu de la piscine sur laquelle s’ouvre l’espace.

Non loin de là, l’étonnant mobile d’Elias Crespin – de fines tiges de métal – exécute une chorégraphie minimaliste et tout en douceur, sans rien dévoiler de sa complexité technique. Wim Delvoye s’est concentré sur une superbe torsion en bronze poli. Angela Bulloch vous invite à vous asseoir devant sa Machine à dessiner. Mais attention, ce sont les mouvements de votre corps qui lui donneront l’impulsion.

Cette interactivité, on la retrouve au premier étage avec Miguel Chevalier et son installation L’origine du monde, dans laquelle, en se déplaçant, le visiteur influe sur les formes et les couleurs d’un monde digitalisé ou pixellisé, tout en générant un fabuleux spectacle planétaire, son et lumière. Moving Objects, du Suisse Pe Lang, ressemble à un boulier compteur d’autrefois où de petits anneaux, agités de soubresauts, gigotent en d’incessants allers-retours sur des fils électriques.

Pascal Haudressy opte pour une élégante branche de résine noire, projetée et démultipliée sur fond blanc. Le grand Giuseppe Penone s’est ingénié à frapper le tronc de cyprès, genévriers et autres châtaigniers pour transcrire par la suite ces résonances en gravures.

On croise encore ici un enroulement de plâtre et de caoutchouc conçu par Michel François, là d’impressionnantes spirales d’arbres signées Basserode, plus loin cette femme nue se tordant sous un jet d’eau de plus en plus invasif et filmée par Bill Viola.

Cy Twombly et encore Maruyama, Kurokawa, Pol Bury, Moataz Nasr, Donato Piccolo, Leo Copers, Lionel Estève, Laurence Demaison, chaque artiste orchestre, selon sa sensibilité et son matériau à lui – eau, terre, air, mécanique, son, peinture, dessin, ordinateur -, cette “torbolenza” qui fascinait déjà Léonard de Vinci.

Lui aussi, on le retrouve d’ailleurs au cœur de cette expo à la fois surprenante, dynamique et poétique, montée dans ce joyau de l’Art déco bruxellois, dont on redécouvre toujours avec bonheur la belle… cohérence.

Jusqu’au 1er septembre 2013. Turbulences II, Villa Empain, avenue Franklin Roosevelt 67, 1050 Bruxelles. 10h-18h30. Fermé lundi. 02/627.52.30. www.villaempain.com

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