Exclusif – Sur la piste de la cigarette électronique

Dangereuse ou pas? Des producteurs chinois à nos dealers belges, on a pris la route de la cigarette électronique, et fait analyser les mystérieux liquides qu'elle nous fait inhaler. Une enquête à toute vapeur, aux résultats qui posent question.   

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Shenzhen. Ses forêts de gratte-ciel, ses motos électriques, ses bordels et… ses 350 usines de cigarettes électroniques. Lovée dans le delta de la Rivière des Perles, à quelques volutes de Hong Kong, cette mégapole est la Mecque de ce que ses utilisateurs surnomment communément l'"e-cig". Dans ce poumon industriel de la Chine – vingt fois la taille de Paris -, plus de 50.000 laborantins et ouvriers conçoivent et produisent l'immense majorité des e-cigarettes vendues aux quatre coins du globe.

L'e-cigarette: un ex-petit phénomène de mode devenu une véritable industrie, en passe de révolutionner celle du tabac. 50.000 "vapoteurs" en Belgique, plus d’un million en France. Selon l’Office français de prévention du tabagisme, le marché de la "vape" afficherait désormais une progression annuelle de 400 % et un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards de dollars. Avant d’engranger cette année plus de revenus que les substituts nicotiniques? 

Mais si l'e-cig est déjà sur les lèvres de millions de consommateurs, personne ne sait ce qu’elle a vraiment dans le ventre. Car ce marché au taux de croissance insolent affiche un degré de transparence proche du zéro absolu. Aujourd'hui, 100 % des modèles grand public de cigarette électronique ont été conçus dans ces usines de la province de Guangdong, au sud de la Chine. Tout comme 90 % des fameux liquides – nicotinés ou non – que ces cigarettes transforment en vapeur à inhaler. Dans quelles conditions sont-ils fabriqués? Avec quels composants? Et comment ces cigarettiers du 21e siècle font-ils pour importer ces flacons en Belgique? Autant de questions qui méritent des réponses claires. Interdite à la vente telle quelle (sauf si enregistrée comme médicament), la nicotine n'a en effet rien d’un produit domestique. On la compare même souvent à la cocaïne. Elle peut par ailleurs se révéler extrêmement toxique aussi bien par ingestion que par contact cutané. Et si on a l’habitude d’en trouver dans les cigarettes traditionnelles, patchs ou autres chewing-gums, la concentration de certains liquides à destination du marché de l'e-cig pourrait envoyer une famille entière à la morgue.

Des usines chinoises aux grossistes français, des boutiques belges semi-illégales aux vapoteurs clandestins, on a donc pris la route de la vape. Et ramené discrètement ces fioles interdites pour en faire analyser leur teneur en nicotine et en métaux lourds…

Chez le "parrain" 

Retour à Shenzhen, donc, au siège de la société Hangsen, numéro un mondial du e-liquide et fief de Jide Yao, véritable "parrain" du secteur.

La suite du dossier exclusif dans le Moustique du 12 février 2014

 

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