Étudiants, attention aux bêtabloquants pendant le blocus!

Trop stressés, certains students recourent aux médicaments pour se calmer avant un examen. À leurs risques et périls!

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La famille des bêtabloquants est l’une des plus faciles à reconnaître dans l’univers pharmaceutique: tous les noms des médicaments qui la composent se terminent par "ol" (propranolol, acébutolol, aténolol, bisoprolol…).Leur formule chimique leur permet de prendre place sur les récepteurs des tissus normalement sensibles à l’adrénaline afin de bloquer la réaction de stress. Ils interviennent un peu comme le chewing-gum que l’on glisse dans la serrure et qui empêche l’introduction de la clé.

Cette famille comprend des dizaines de molécules qui agissent de façon plus ou moins spécifique sur les cellules cardiaques et/ou celles des muscles qui enserrent les artères. En médecine, ils sont régulièrement prescrits pour des problèmes d’angine de poitrine ou d’hypertension artérielle.

Les personnes en situation de grand stress pourraient aussi être tentées de recourir à cette classe de médicaments pour atténuer leurs symptômes de nervosité: le cœur qui s’emballe, la voix qui déraille, les mains qui deviennent moites et qui tremblent.

Dans les coulisses du spectacle, il se murmure que beaucoup de présentateurs-vedettes de la télé, de stars du show-business, d’acteurs et de musiciens avalent leur cachet avant de monter sur scène ou de passer sous les spotlights. Ce serait aussi le cas de certains hommes politiques… L’ancien président Jacques Chirac serait parvenu de la sorte à maîtriser une nervosité qui lui avait joué des tours au début de sa carrière.

4 raisons de s’abstenir

Les étudiants aussi constituent des consommateurs potentiels, surtout en période d’examens pour ceux qui craignent de perdre tous leurs moyens sous le coup d’une nervosité excessive. Mais cette pratique est formellement à déconseiller pour au moins trois raisons. Tout d’abord, parce que la prise ponctuelle de bêtabloquants s’accompagne souvent d’effets secondaires totalement inattendus et préjudiciables aux performances scolaires: chute de la tension, hypoglycémie, diarrhée, mains et pieds glacés (syndrome de Raynaud), poussée de psoriasis, crise d’asthme… pour ne citer que ceux-là. Il arrive même que des students ayant consommé ces substances s’évanouissent au moment de passer devant l’examinateur.

Deuxième problème: l’altération du processus de mémorisation. La prise de bêtabloquants complique le fonctionnement de la mémoire. Certes, selon les psychiatres, ces médicaments n’empêchent pas la restitution des connaissances anciennes mais seulement l’acquisition de nouvelles. Toutefois, la distinction paraît un peu spécieuse dans la mesure où, après avoir passé un examen, le jeune est généralement obligé d’apprendre le suivant. Et donc, il se trouve vite dans une situation ridicule où le médicament pris pour mieux maîtriser ses émotions le rend incapable d’étudier normalement et augmente finalement le niveau de stress qu’il cherchait à combattre.

Plus largement, on déconseillera la prise de n’importe quel médicament en dehors d’un épisode de maladie. N’en déplaise à tous les médecins qui dégainent leur carnet médical à la demande du patient, au prétexte que les bêtabloquants ne créent pas d’accoutumance et n’ont pas d’effet psychologique.

C’est exact, mais celui qui recourt à des drogues pour résoudre des problèmes psychologiques risque fort d’être pris dans l’engrenage d’une médecine de confort. Où l’on se contente rarement de traiter son stress en ayant recours à des bêtabloquants… Souvent, on poursuit avec des somnifères pour trouver le sommeil, des excitants pour être en forme la journée, des anxiolytiques contre les poussées d’angoisse. Et on se retrouve très vite dépendant d’une kyrielle de médicaments qui ternissent l’existence.

Enfin, une quatrième et dernière mise en garde contre ces produits: les bêtabloquants ont souvent pour effet d’empêcher le gonflement des corps caverneux de la verge et donc, de rendre temporairement impuissant. Pas "LOL" du tout, ces médicaments en "ol"!

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