Et alors, il vaut quoi le nouveau Daft Punk?

 

Moustique se met à l'heure de Daft Punk. Nous avons écouté en avant-première "Random Access Memories" et nous livrons notre verdict à chaud ci-dessous. 

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Pour l'interview  exclusive en presse belge francophone des robots, rendez-vous dans le Moustique du 15 mai. 

"Random Acesss Memories" sort le 17 mai.  Il est composé de treize morceaux et accueille de nombreux invités (Giorgio Moroder, Pharell Williams, Julian Casablancas de The Strokes, Panda Bear d'Animal Collective ou encore Chilly Gonzales). Mais ça, vous le savez déjà. 

Après s'être fait confisqué notre smartphone et avoir signé sous la menace amicale de l'attachée de presse de Sony Belgium une clause de confidentialité, nous avons pu écouter l'intégralité du disque dans un studio d'enregistrement à Schaerbeek. Oui, à Schaerbeek.

Notre verdict? C'est de la balle, il y a beaucoup de disco, au moins quatre tubes et presque partout des filtres dans les voix.

Et si vous aimez -secrètement ou non- le soundrack d' "American Gigolo" (Giorgio Moroder), "I Love America" de Patrick Juvet, "Spacer" de Sheila (produit par Nile Rodgers),  "Discovery" d'Electric Light Orchestra et toutes les faces B des plus obscurs disques de Tangerine Dream, "Random Access Memories" est pour vous.

Le track by track

1) Give Life Back To Music

Un morceau disco pour lancer les (d)ébats. Formaté radio, la chanson fait songer à Spacer, le tube de Sheila signé Chic. Normal, c'est Nile Rodgers qui joue de la gratte. Imparable malgré un texte (?) réduit à sa plus simple expression. "Give Life Back To Music…". Tu l'as dit.

2) The Game Of Love

Une voix passée au vocoder, un rythme plus mid-tempo, des nappes de synthé atmosphériques, une vraie batterie, du groove, du sexe, de la chaleur… Abstraction faite du chant, ce titre aurait très bien pu figurer sur "Flesh And Blood" de Roxy Music. 

3)Giorgio By Moroder

La grosse tuerie du disque et aussi le titre le plus long (neuf minutes). Le morceau commence par une intro autobiographique récitée par Giorgio Moroder qui raconte comment il a chopé le virus de la musique et est parti en quête du "son du futur".  Quand le récit de Giorgio (73 ans) s'arrête et que la chanson démarre vraiment, on plonge dans le soundtrack d'American Gigolo version 2.1. Une claque!

4) Within

Du piano classique en introduction d'un morceau de Daft Punk, ça change. Et c'est du bon. Les effets sur la voix font monter le chant dans les aigus. Le Patrick Juvet cocaïné du Club 54 aurait adorer le mettre en prélude de son album "I Love To America". Mais malgré ces nouvelles références aux années disco, Within est bien un morceau qui colle à notre époque. A la fois mélancolique et troublant. Chilly Gonzales est passé par là.

5) Instant Crush

Un titre plus pop porté par un accord de guitare soutenu avec, encore, des vocalises abreuvées d'effets.  On ne sait pas pourquoi, mais le refrain chanté par Julian Casablancas nous fait penser au dernier Puggy. Mais on a bien dit: "on ne sait pas pourquoi", hein!

6) Lose Yourself To Dance

Grosse caisse de la batterie en avant, un riff de gratte juvénile et (des faux) claquements de mains sur le refrain. Bienvenu dans le monde funk torride du duo masqué. Une autre bombe pour dancefloor sur laquelle s'éclatent Giorgio Moroder et Pharrell Williams. Ça va suer sous la boule à facettes.

7) Touch

Un morceau étonnant qui démarre comme un inédit de Tangerine Dream période Ricochet,  se poursuit avec une voix enfin cristalline, décolle ensuite avec des nappes de house music et se termine comme un générique d'un mélo hollywoodien avec choeurs et cordes.  Très fort les mecs. Le Bohemian Rapsody de la génération geek co/signé par le compositeur classique Paul Williams

8) Get Lucky

Le single que tout le monde connaît, qui a fait sortir Lady Gaga de sa chaise roulante et a délogé le gros macho sud-coréen de la première place des charts.  Impossible de ne pas craquer.

9) Beyond

Après l'irrésistible Get Lucky, Beyond apparaît comme un morceau de transition.  Une ballade mid-tempo rétrofuturiste a priori anodine mais qui pourrait s'avérer finement vicieuse après plusieurs écoutes. On lui laisse le bénéfice du doute.

10) Motherboard

Un instrumental de transition, un peu plus Daft que Punk.

11) Fragments Of Time

Un coup de barre et ça repart avec cette chanson pop insouciante mais insidieuse qui nous emmène sur une "road to paradise".  Ça sent la balade en décapotable sur une route ensoleillée californienne.  Dans un "blind test", bien malin celui qui pourrait reconnaître Daft Punk.

12) Doin' It Right

Un rythme binaire plus répétitif pour un morceau sur lequel il ne se passe pas grand-chose malgré la présence de Panda Bear d'Animal Collective. On en profite pour balancer une devinette sans aucun rapport avec nos amis. Pourquoi Dieu a inventé le patchouli? Eh ben,  comme ça, même Gilbert Montagné pourra savoir quand un hippie vient sonner à sa porte.

13) Contact

Plus qu'un hommage à l'émission de sécurité routière du Commandant De Nève,  Contact se révèle être un final symphonique en 3D de rêve pour l'album de Daft Punk.  La batterie claque de partout, les claviers explosent dans les tympans, les amplis montent jusqu'"11 et les curseurs partent dans le rouge.  Epoustouflant!

Daft Punk, "Random Access Memories", Columbia/Sony. Sortie interplanétaire le 17 mai.

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