Esperanzah! a mis l’été en couleurs

Retour sur les quatre jours d’un festival ouvert sur le monde et ses alternatives musicales.

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Habitué à faire la fête pendant trois jours, le festival Esperanzah! a, cette année, allongé sa durée de vie d’une journée pour accueillir Manu Chao en héros. Jeudi, dès l’ouverture, la toute grande foule se pressait ainsi aux portes de l’Abbaye de Floreffe. Un peu dans le jus, mais pas complètement dépassés, les organisateurs se sont surpassés pour multiplier les bons moments. Arts de la rue, actions de sensibilisation socio-écologiques, espaces aménagés pour les enfants ou séances de ciné totalement raccordsavec la programmation musicale, Esperanzah! a pensé à tout en marge des mélodies venues d’ici et d’ailleurs. Différents des autres rendez-vous de l’été, le festival namurois se vit autrement. Ici, l’eau est distribuée gratuitement et la bière brassée à l’écart des fermentations industrielles. La programmation musicale est cohérente de bout en bout et l’ambiance toujours au beau fixe. Du départ en fanfare au final triomphal, Esperanzah! a rêvé d’un autre monde pendant quatre jours. À raison. Retour sur quelques concerts hauts en couleurs. 

#1 Manu Chao

Tête d’affiche incontestée de la journée d’ouverture, Manu Chao a fait vibrer Floreffe. Le Clandestino avait choisi Esperanzah! pour jouer la seule date belge de sa tournée estivale. Et, pour sûr, il ne s’est pas trompé d’adresse. Attendu au tournant par 12.000 festivaliers chauds bouillants, Manu Chao a survolé sa discographie tel un super-héros. Tout y est passé. De l’énorme Que Pasa Que Paso aux incontournables Clandestino ou Desaparecido, sans  oublier quelques détours par le répertoire de La Mano Negra (le fabuleux Sidi H' Bibi). Accompagné d’une section de cuivres, l’artiste a tout retourné et lancé Esperanzah! de la plus belle des manières. À ce niveau-là, on ne voit pas beaucoup de mecs de 53 ans capables d’enfiler deux heures de show avec une telle intensité. Chapeau bas.

#2 Les Belges

Événement défricheur porté par une passion musicale sans frontière, Esperanzah! a offert une tribune de choix à quelques révélations internationales (Blitz The Ambassador, Mayra Andrade, Txarango). Mais nos principaux coups de cœur reviennent à des artistes locaux. Le groupe namurois Little X Monkeys – et ses incursions bluesy le long des rives du Mississippi – a fait forte impression. Le groove tropical et les rythmes incendiaires des Bruxellois de La Chiva Gantiva ont déplacé la transe colombienne au pied de l’Abbaye de Floreffe. Sans oublier les charmes cinématographiques des Gantois de The Broken Circle Bluegrass Band qui, en musique, rêvent de l’Amérique d’autrefois. De quoi confirmer la bonne santé de la scène belge.

#3 Ayo

Dimanche soir, le ciel de Floreffe s’est déchiré. L’orage est tombé mais Ayo ne s’est pas démontée. Mieux, la chanteuse allemande a ramené le soleil du côté d’Esperanzah!  Robe immaculée, voix imprégnée de soul, la chanteuse allemande s’est faufilée dans les meilleurs moments de sa discographie pour s’imposer en véritable reine de la soirée. Entre folk, funk et reggae, on s’est véritablement régalé.

En chiffres

46.000 festivaliers ont foulé les vieux pavés de l’Abbaye de Floreffe lors de cette 13ème édition d’Esperanzah! Un record.

52 minutes de drache nationale le dimanche en début de soirée. Pour le reste, on n’a pas vu une goutte de pluie sous le ciel d’Esperanzah! Rien à dire: c’est beau la Belgique en été. 

7.600 campeurs ont déplié leurs tentes dans les vertes prairies de Floreffe. Bucolique et convivial.

42 asbl humanitaires et alter-mondialistes étaient présentes sur le site pour encourager et soutenir des projets contribuant à rendre le monde meilleur. Coup de cœur pour "Le Musée du Capitalisme", institution née à Namur qui, dès septembre, ouvrira ses portes à Bruxelles.

44 groupes présents à l’affiche. Entre stars internationales et découvertes musicales, Esperanzah! à vibré. Sans fausse note.

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