Envoyé spécial: Les prothèses mammaires

La chirurgie esthétique est un marché de 3 milliards d'euros dont la première mamelle est l'augmentation mammaire.

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La chirurgie esthétique est un marché de 3 milliards d’euros dont la première mamelle est l’augmentation mammaire.

C’est que le sein reste « le » symbole de la féminité. Elles étaient 200.000 en 1996, aujourd’hui on estime que 500.000 Françaises portent des prothèses en silicone. Peut-être plus, car les femmes n’avouent pas facilement user de cet artifice.

Un profil? Elles ont de 17 à 77 ans, mais ce n’est pas leur âge mais leur moral qui les pousse à demander une intervention chirurgicale. 80 % des demandes ont une motivation esthétique, 20 % visent une reconstruction après un cancer.

Si cette démarche chirurgicale peut effacer bien des complexes, elle peut aussi virer au cauchemar. En mars 2010, un scandale a éclaté en France. Guidée par l’appât du gain, la société PIP (Poly Implants Prothèses), troisième fournisseur mondial en prothèses, a utilisé dans la fabrication de son gel une huile industrielle qui ne pouvait pas être introduite dans un corps humain.

Autre fait aggravant à charge de PIP, une des étapes cruciales de la fabrication des prothèses, celle de l’enveloppe, était négligée. Ce qui à terme rendait la prothèse poreuse et laissait inévitablement s’écouler du gel dans le corps! Rien qu’en France, 30.000 à 50.000 femmes portent encore ces prothèses défectueuses. Et elles seraient 200.000 à l’étranger.

Le patron de PIP, Jean-Claude Mas, est aujourd’hui en prison. Mais qu’en est-il de ses victimes? Seul le retrait des prothèses frauduleuses est remboursé par la Sécurité sociale. A ces femmes ensuite d’assumer une nouvelle reconstruction qui coûte entre 3.500 et 7.500 €.

Elles ressentent alors une terrible honte et s’entendent dire « qu’elles n’ont que ce qu’elles méritent, qu’elles ne devaient pas toucher à ce que la nature leur avait donné« . Par ailleurs, de nombreuses femmes vivent la peur au ventre sans aucune possibilité d’enlever cette substance qui se répand en elles…

Florence Mavic et Vivien Roussel, deux journalistes d’Envoyé spécial, ont rencontré ces femmes et leurs médecins. Elles se sont aussi rendues auprès de fabricants et des autorités de contrôle. Leur reportage est interpellant et instructif.

D’autant plus qu’elles présentent d’autres alternatives aux prothèses. La microchirurgie, le top du top pour 15.000 €… Ou le macrolane, un acide hyaluronique gélifié que le médecin injecte entre la glande mammaire et le muscle. Un produit qui se travaille ensuite comme une pâte à modeler et permet de gagner un bonnet sans prothèse ni bistouri ni cicatrice. Nettement plus doux…
Geneviève de Wergifosse

10 mars: 20h35 FRANCE 2 Envoyé spécial: Les prothèses mammaires

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