Emmanuelle Béart Manon forever

A l'affiche des Yeux jaunes des crocodiles, adaptation du best-seller de Katherine Pancol, Emmanuelle Béart revient sur une vie. Et ce métier "qui peut tout bouffer!".

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Après une décennie de grands films (Manon des Sources, Les enfants du désordre, La belle noiseuse, J'embrasse pas, L'enfer, Une femme française), Emmanuelle Béart avait amorcé avec difficulté le tournant de la trentaine, fatidique à tant d'actrices. C'était au milieu des années 90. Depuis, malgré quelques beaux rôles (8 femmes, Nathalie), elle n'a jamais retrouvé cet état de grâce. Et pourtant, même si une chirurgie esthétique a laissé des traces sur son absolue beauté, Emmanuelle est restée une star avec ce que cela comporte de fascination et de mystère.

Aujourd'hui à l'affiche des Yeux jaunes des crocodiles, cette "demi-Belge" (elle a une maison dans le Brabant wallon) élevée sous le soleil du sud s'exprime sur cette carrière faite de hauts et de bas. Sur ce métier qu'elle adore mais qui peut aussi "tout bouffer". Et le moins que l'on puisse dire est qu'elle ne mâche pas ses mots. "Honnêtement, si j’étais entretenue par un homme et que je n’avais pas à travailler, je pourrais m'arrêter. Je n'ai plus besoin du travail pour me réaliser. Parce que j'ai déjà beaucoup fait. Et qu'à un moment, après trente ans à se donner, on rêve d'aller élever des chèvres dans le Midi. Même si j'aime ce métier passionnément. Mais il ne laisse pas beaucoup de temps pour le reste. Il n’y a pas de frontière, il n’y a pas de limite, ça ne s’arrête pas quand ça s’arrête, ça continue à se balader dans la tête, dans le corps, on y pense, ça bouffe de l’énergie, ça bouffe du temps, quand on ferme la porte on ne la ferme pas complètement. C’est bizarre…"

Une enfant à problèmes

A cinquante ans, Emmanuelle a conservé les yeux de Manon et sa taille menue. Mais elle a aussi traversé la vie avec passion. Et désillusion. "Ce que j'ai le mieux réussi? Mes ruptures. Je suis douée pour les ruptures. On peut même dire que j'ai presque un talent fou pour ça." Elle sourit. Nous désarçonne aussi un peu. Avant d'enchaîner. "C'est un métier très violent que celui d'actrice. Quelque chose qui a presque à voir avec le sexe. C'est la jouissance mêlée à la violence. C'est l'image la plus juste qui me vienne."

Retrouvez la suite de notre rencontre avec Emmanuelle Béart dans le Moustique du 9 avril.

 

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