Ecoutez le nouvel album de Miles Kane

Le dandy de Liverpool nous offre sa version 2.1 du glam rock. Tout simplement jubilatoire.

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A vingt-sept ans, l'autre surdoué de la scène anglaise affiche déjà un C.V. époustouflant.

J'ai voulu faire un album du samedi soir, celui qui donne envie de boire et qu'on écoute pour se sentir libre",nous expliquait Miles Kane à la veille de sa prestation aux Nuits Botanique. Et même si ce concert s'est déroulé un jeudi soir, on comprend parfaitement ce que le surdoué de la pop anglaise a voulu nous dire.

Loin de la déprime et du questionnement existentiel, "Don't Forget Who You Are", deuxième disque solo du beau gosse de Liverpool, fait du bien pour la bonne humeur qu'il distille au creux de ses onze chansons (quatorze sur le version Deluxe). Il séduit par ses sonorités brutes et devient très vite entêtant grâce au charme ravageur de ses gimmicks vintage, qu'ils soient empruntés au glam rock des seventies ou à la scène mod des sixties.

Sur Better Than That,l'une des plages les plus jouissives du disque, citizen Kane chante de son accent scouse: "Quand James Brown éructe "I feel good", moi je te dis que ce n'est pas du pipeau et je me sens encore mieux que ça". Et c'est vrai qu'il a la patate, Miles. A vingt-sept ans, il affiche déjà un C.V. époustouflant: guitariste au sein de la formation britpop The Little Frames, leader de The Rascals avec qui il publie le brûlot "Rascalize" en 2008 et cofondateur (avec Alex Turner des Arctic Monkeys) de The Last Shadow Puppets à qui l'on doit le splendide "The Age Of The Understatement".

Avec son premier CD solo "Colour Of The Trap", qui paraît en 2011, Miles gagne définitivement ses galons de rock star. "A la sortie de "Colour Of The Trap", je me produisais dans des clubs d'une capacité de cent ou deux places,se souvient-il. Deux ans plus tard, j'ai terminé la tournée dans des salles de 2.000 personnes. Je suis très fier de mon parcours car je me suis installé petit à petit."

Comme nous, les spectateurs des Nuits Botanique auront remarqué que Miles Kane a gagné en assurance. Si les chansons de "Colour Of The Trap" touchaient par leurs contours pop, celles de "Don't Forget Who You Are" durcissent le ton. On pense à Marc Bolan (c'est d'ailleurs le Get It On de T. Rex qui a ouvert son show au Bota), à Slade, mais aussi à The Who ou à ses héros de The Jam et Oasis (voir ci-contre). Very english isnt'it?

Mais si les influences sont rétro, l'attitude est bien nouvelle. Comme Jake Bugg, autre surdoué de la scène anglaise, Miles Kane ne la ramène pas. Sur la pochette de "Don't Forget Who You Are" ("N'oublie pas qui tu es"), il pose en dandy devant la boucherie maternelle, histoire de se rappeler d'où il vient. Et même si on l'a vu traîner au bar du Bota après son concert, avec sa girlfriend dans une main et un verre d'alcool dans l'autre, il n'est pas du genre à s'éclater la tronche à la moindre occasion. Miles nous avoue ainsi culpabiliser quand il ne se donne pas à fond lors d'un concert. "Ça m'est arrivé quelques fois lors de ma première tournée et toujours parce que j'avais déconné la veille. Il ne faut plus que ça se reproduise."

Miles est aussi très loin de l'arrogance affichée par certains de ses aînés. "Les médias anglais font régner un esprit de compétition entre les groupes et les artistes tombent souvent dans le piège. C'est un peu comme si le rock était devenu une guerre: les Stones contre les Beatles, les rockeurs contre les mods, Blur contre Oasis. Tout ça, c'est du bullshit. Moi, je m'appelle Miles Kane, je fais mon truc sans me positionner et je n'ai pas d'ennemi. Je respecte ce que font les autres et si je n'aime pas, j'oublie",souligne encore celui que la presse anglaise a baptisé "le mec le mieux fringué dans le monde du rock". Un compliment qui le touche particulièrement. "J'ai toujours fait attention à mon image,souligne-t-il. Je n'ai pas besoin de styliste. Je sais qui je suis comme je sais ce qui me va."

 

Le 15/8 au Pukkelpop.

 Miles Kane
Don't Forget Who You Are
Sony

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