Earl Sweatshirt a fait trembler l’AB

Le jeune loup d'Odd Future était de passage à Bruxelles jeudi soir. Une visite éclair, mais extrêmement jouissive.

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A peine 20 ans au compteur, et pourtant le petit dernier du crew Odd Future n'a déjà plus rien du sale gosse un peu brouillon d'avant "Doris", son premier album solo sorti en août. Conscient de sa force de frappe, affranchi par une presse unanime quant à ses qualités de rappeur, Earl Sweatshirt a lâché ses chaînes jeudi soir face à une AB archi sold-out depuis plusieurs mois. Incisif, puissant mais détendu, le prodige made in L.A. a rondement rentabilisé la petite heure de show qui lui était attribuée.
 
Après quelques minutes des gesticulations absurdes de son DJ, Lucas, Earl Sweatshirt fait son entrée sur scène avec 523. Explosions de basses et sortie des smartphones, Earl nous invite gentiment à hocher de la tête. Pour monter en puissance dès le lancement de Kill. La noirceur de rigueur instaurée par le côté savoureusement oppressant de ses textes contraste avec l'euphorie ambiante. Un paradoxe amplifié par la dégaine du rappeur, plus souriant qu'à l'habitude, mais surtout ultra-communicatif.
 
"Lâchez vos téléphones et profitez du morceau pour faire quelque chose que vous n'avez jamais fait avant. Faites en sorte que les mecs de la sécurité méritent leur salaire." lâche-t-il, facétieux, de son timbre grave. La foule, plutôt hétéroclite, s'exécute instantanément dans un joyeux bordel. Entertainer, Earl sait faire, y'a pas à sourciller. Les montagnes russes s'enchaînent sans temps mort entre Molasses, Whoa, l'amer Chum ou l'excellent Burgundy applaudi avec force.
 
Des sursauts a capella viennent ponctuer l'enchaînement de beats, ainsi que quelques manques de souffle pudiquement masqués par des "Hands up!". Tout est parfaitement dosé, même les faussetés. Un rappel à peine et voilà déjà les lumières qui se rallument. Une heure, c'est court. Trop court. Un goût de peu qui donne l'envie de compenser par un passage au stand merchandising et ses chaussettes à tête de chat, caractéristiques du "bon goût" iconique d'Odd Future. Oh et puis non. Mais c'était bon.

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