Du grand Johnny à Namur

Emouvant, bien en voix et généreux, le chanteur septuagénaire s'est montré invincible à la Citadelle. Respect.

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Nous aurions pu croire qu’après les fastes parisiens organisés pour son 70e anniversaire, il allait être fatigué.  De même qu’on aurait pu craindre qu’avec la météo de Toussaint qui balayait l’esplanade de la Citadelle, le concert serait joué/plié en se contentant du minimum syndical. Eh ben non… Johnny Hallyday a livré une prestation héroïque de deux heures ce dimanche soir, se montrant même encore plus émouvant que lors des dates en salle de tournée "Jamais seul".

Première surprise pour les 15.000 fans emmitouflés de Johnny: l’entrée sur scène. Cette fois, pas de fioriture, pas de déluge de lumières ou d’effets spéciaux (les flammes d’Allumer le feu c’est pour après). Seulement un clavier qui joue les premières notes de Que je t’aime et un Johnny, sobre, souriant, conquérant et tout de cuir noir vêtu, qui s’avance dans la foule en chantant "Quand tes cheveux s’étalent comme un soleil d’été".  Simple mais bluffant.

L’homme est en voix, le visage marqué par tous les excès de sa rock and roll attitude mais il se donne à fond. Entouré de ses musiciens, d’une section de cuivre et d’un trio féminin de backing vocals (ça fait quatorze personnes en tout), Johnny balaye ses cinquante ans de carrière et se fait même plaisir en exhumant des chansons  pas forcément plébiscitées par son public, telle cette version particulièrement cuivrée de Deux étrangers qui fait son petit effet.

Si les hymnes restent toujours les meilleures occasions pour ses fans de chanter à l’unisson et de reproduire les codes à Johnny (les GSM allumés pour Quelque chose de Tennessee, les mains enchaînées sur Gabrielle, le chœur a cappella sur le final de Marie), c’est dans sa partie hommage acoustique que le concert atteint ses sommets. Pendant une bonne vingtaine de minutes, Johnny s’assied sur un tabouret au milieu de son band, prend sa guitare et nous ressort, façon veillée de feu de  camp,  les souvenirs de ses tendres années. Premier choc rock and roll (I’m gonna sit right down and cry over you   popularisé par Elvis en 57), première chanson "composée en Belgique" (Laisse les filles), première déclaration de foi (Retiens la nuit)…

Et c’est à ce moment-là, quand il baisse la garde et renoue avec ses racines qu’il impose le respect même chez les plus sceptiques.  Dans une interview qu’il nous avait accordée en avril 2011, Johnny nous déclarait: "le fait d’avoir frôlé la mort m’a fait comprendre que je n’avais plus envie de faire mes adieux." On le croit. Ce mec, il est né dans la rue et il va mourir sur scène.

ON A ADORE
L’entrée sur scène avec Que je t’aime.
 Sa version rockabilly de Joue pas de rock and roll.
–  Le refrain de L’envie quand on regardait la vallée de la Meuse en redescendant de la Citadelle.

ON A MOINS AIME
– L’absence de poubelles et l’insuffisance de toilettes sur le site.
– Les tribunes (pour ceux qui y étaient) trop loin de la scène
– La météo, mais ça on ne vous apprend rien.

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