D’où viens-tu, Johnny?

Il a touché le plus gros cachet de l’histoire du cinéma pour redonner vie à Jack Sparrow, le plus barré des pirates. Confessions d'un mec beau, riche et heureux.

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Il est beau gosse, luxueusement négligé, bon acteur. Et il brillera une nouvelle fois au Festival de Cannes où sera projeté, hors compétition, son nouveau film, Pirates des Caraïbes 4: la fontaine de jouvence. Un blockbuster en 3D qui sortira chez nous le 18 mai. Aujourd'hui star planétaire, Johnny Depp ne s’est pas fait en un jour. C’est le 9 juin 1963 qu’il naît à Owensboro dans le Kentucky d’une mère serveuse et d’un papa ingénieur. Vilain petit canard de la famille (il a un frère et deux sœurs), il quitte l’école à 15 ans pour jouer dans des groupes de rock, dont l’un d’eux, The Flame, fera la première partie d’un concert d'Iggy Pop. Gonflé à bloc, il rejoint Los Angeles pour y percer avec son groupe. Mais les affaires ne prennent pas… Il rencontre alors Nicolas Cage qui le présente à son agent, lequel lui décroche son tout premier petit rôle dans Freddy, les griffes de la nuit de Wes Craven.

Et puis, c’est le premier tournant. En 1987, il décroche le rôle de Tom Hanson dans la série 21 Jump Street qui fera de lui l’idole des jeunes (il ne s’appelle pas Johnny pour rien). Série qu'il quittera après quatre années de loyaux mais pénibles services. Car Johnny veut être artiste. Et pour cela, il va très vite casser son image de jeune premier en travaillant avec des cinéastes de première division: John Waters (Cry Baby), Tim Burton (Edward aux mains d’argent), Emir Kusturica (Arizona Dream), Jim Jarmusch (Dead Man), Terry Gilliam (Las Vegas Parano), Lasse Hallström (Gilbert Grape). Outre ces rôles excentriques et originaux, Depp, comme tout acteur qui se respecte, se vautre aussi dans d’immenses navets comme Don Juan de Marco (aux côtés de son idole Marlon Brando) ou Chocolat avec Juliette Binoche.

S'il est, à l'aube des années 2000, un acteur immensément respecté, c'est finalement Disney – coup du sort pour cet acteur qui aime les projets parallèles – qui va faire de lui l'acteur le plus populaire du monde en lui proposant le rôle de Jack Sparrow dans la saga Pirates des Caraïbes. Depp voulait être artiste. Le voilà star mondiale. Mais finalement, ce n'est pas un hasard. Car à bien regarder, c'est dans les films familiaux que monsieur Paradis a toujours obtenu ses plus grands succès (Charlie et la chocolaterie, Rango, Alice au pays des merveilles).

En seulement trois films, la saga des Pirates a rapporté 2,68 milliards de dollars (oui, vous avez bien lu). Pas mal pour un film basé sur une attraction de Disneyland. Quant à Johnny, il vient d’obtenir le cachet le plus élevé de l’histoire du cinéma (55,6 millions de dollars pour 107 jours de tournage, sans compter le pourcentage sur les recettes). De quoi refaire le toit de sa propriété du Var en France où il habite avec Vanessa et les enfants (Lily Rose, 11 ans, et Jack, 9 ans) et d’entretenir les plages de son île privée, Little Halls Pond Cay, dans les Bahamas.

Il paraît que vous avez activement collaboré au scénario de ce quatrième épisode de Pirates des Caraïbes
Oui. C’est une chance pour un acteur de se voir proposer de participer au développement de l’histoire. C’était important pour moi, parce que je n’étais pas tout à fait content du scénario du troisième épisode. Il partait dans des sous-intrigues inutiles. Et j’avais très envie que l’on se recentre sur les personnages. Qu’ils soient vraiment au centre de l’histoire.

Pirates 4 commence dans les rues de Londres. Et lorsque vous tourniez là-bas, une étrange lettre vous est parvenue…
Oui. Un matin, la production a reçu une lettre d'une petite fille de 9 ans, Beatrice Delap. Elle disait: "Bonjour Monsieur Sparrow, nous sommes une bande de pirates inexpérimentés. Et nous aurions besoin d'un coup de main pour organiser une mutinerie contre nos professeurs." Un assistant m'a donné la lettre et je me suis tout de suite dit: "On y va." J'étais en costume et l'école n'était qu'à quelques centaines de mètres d'où on tournait. Sans prévenir, avec quelques amis du tournage déguisés en pirates, on a débarqué dans l'école et improvisé une mutinerie durant vingt minutes. Les élèves n'en croyaient pas leurs yeux.

N'est-ce pas ennuyeux de jouer le même personnage durant quatre films?
Non, car le capitaine Jack est l'un des plus beaux personnages que j’aie eu à jouer. Chaque fois que j’entre dans son costume, je trouve de nouvelles choses. C'est la liberté totale. La saga des Pirates, c'est de la comédie physique. C'est le corps de Jack qui dit tout et ça m'excite, car la plupart de mes grands héros étaient des acteurs de films muets qui n'avaient pas le luxe de pouvoir utiliser les mots. Tout était dans le corps.

Avez-vous déjà signé pour un cinquième film?
Franchement, si l’histoire que l'on me propose est bonne, je n’hésiterai pas une seconde. Je sais qu’un jour, je devrai quitter ce personnage. Et je sais que ce sera une décision très difficile à prendre. Lui dire adieu me terrifie.

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Traduction et adaptation: Jérôme Colin

Pirates des Caraïbes 4: la fontaine de jouvence
Sortie le 18/5

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