[DOSSIER] Maisons, si chères maisons

Une nouvelle étude le rappelle: devenir propriétaire coûte de plus en plus cher. Trop pour beaucoup de monde. Le point de rupture est-il proche? Pourtant, des solutions existent, qui gagnent à être mieux connues.

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Trop cher, trop délabré, trop loin… Plus de septante pour cent des Belges sont propriétaires de leur logement. Mais aujourd'hui, acheter la maison ou l’appartement de ses rêves relève de plus en plus souvent de l’impossible. Une étude que Moustique vient de se procurer démontre que dans certains cas, l’acheteur moyen est supposé consacrer 80 % de son salaire au remboursement de son emprunt (voir tableau ci-dessous). Impossible, évidemment, du point de vue bancaire ou du simple bon sens. Mais les prix sont là et font froid dans le dos. Dans la capitale: 217.000 € pour un appartement et 355.000 € pour une maison "ordinaire". On hésiterait à donner le prix des villas, mais tant qu’à se faire mal: 933.000 €. Des prix moyens (c’est dire !) et en augmentation constante.

Dès lors, pour les candidats acheteurs, souvent des jeunes de moins de trente ans, c’est la débrouille, l’argent de famille ou les renoncements. Le jardin devient courette, la maison se transforme en appartement et les trajets s’allongent tant on s’éloigne des secteurs initialement visés. Inquiétant? Plus compliqué que cela, selon les experts que nous avons consultés. "Disons que les choses évoluent… Prenez par exemple les constructions neuves: il y a dix ans, sur 90 mètres carrés, on construisait un appartement deux chambres. Aujourd’hui, on en construit deux plus une petite. Tout est plus petit mais plus fonctionnel", confie Paul Houtart, vice-président de l’Institut des professionnels de l’immobilier (IPI).

Côté prix, par contre, ça gonfle. A Bruxelles, un appartement coûtait encore en moyenne 132.000 € en 2005. Quatre-vingt mille de plus aujourd'hui. Pareil pour les maisons. Il y a quelques années, le must restait la villa quatre façades. Plus maintenant. "En dix ans, les maisons deux façades ont doublé de prix. Alors que les villas n’ont gagnés "que" dix à quinze pour cent", constate encore l’agent immobilier. Intéressant à noter, cette préférence pour des logements moins chers, moins énergivores contribue quelque peu à ramener les jeunes couples vers la ville. A Bruxelles, on vendait 10.000 maisons par an en 1990, 11.500 en 2000 et 12.700 en 2010. Une hausse constante, liée également à celle de la population. Mais l’exode n’est pas encore stoppé et le secrétaire d’Etat bruxellois au logement Christos Doulkeridis se désole: "Nous voyons encore beaucoup de jeunes couples, dont parfois un des deux est fonctionnaire et donc attaché à notre ville, finir par quitter les 19 communes pour s’installer en Brabant."

Lire la suite du dossier dans le Moustique du 4 décembre 2013

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