[DOSSIER] Lesbiennes, photos de famille

La vie d'Adèle n'est pas un film sur les lesbiennes. C'est une histoire d'amour incendiaire entre deux filles.

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Le choc passionnel entre Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos nous a pourtant donné envie de traquer les équations amoureuses – diverses et multiples – que vivent les femmes d'aujourd'hui.

L'injure "gouine"? Elle est revendiquée par nombre de lesbiennes décomplexées.

Quand on feuillette les magazines féminins, il semble que ne pas avoir couché avec une fille – lorsqu'on en est une de 40 ans – serait une forme de ratage, d’inaccomplissement. Les lesbiennes sont-elles devenues un accessoire de mode? L’homosexualité, un passage obligé de la sexualité féminine? Une tendance? Une chose est sûre: il y a autant de lesbiennes qu’il y a de femmes et leur présence accrue dans les médias révèle la place plus visible et assumée qu’elles prennent dans la cité. Une suite logique à l’émancipation féministe à laquelle les mouvements lesbiens ont contribué et qui rend compte de toute la diversité et de la complexité de cette fausse communauté.

Aimer une femme sans être "lesbienne"

"Je suis tombée amoureuse d'une femme, avec qui je vis une relation en cachette de mon mari depuis quatre ans, mais je ne me sens pas du tout lesbienne , dit Catherine, 40 ans et mère de deux enfants.Je suis même l'hétérosexuelle type! J'ai une famille "parfaite", une vie idéale." Il semble que pour beaucoup de femmes actuelles, plus que pour les hommes peut-être, le fait de vivre une ou plusieurs expériences "homo" ne signifie pas forcément se sentir – et encore moins s'affirmer – lesbienne.

Agnès, par exemple, maman d'une petite fille de huit ans, vit aujourd'hui avec un homme, mais a connu dans sa vie une dizaine de relations amoureuses avec des femmes. "Donc, je ne peux pas me définir comme une hétéro, mais pas non plus comme lesbienne. Si on devait absolument me cataloguer, je rentrerais sans doute dans la case "bisexuelle". Mais j'ai un peu de mal par rapport au fait qu'on doive me cataloguer."

C'est aussi ce que ressent Florence, 35 ans, qui n'a eu que de longues et belles histoires d'amour avec des hommes avant de rencontrer sa compagne actuelle. "Quand j'ai annoncé à mes parents que j'étais amoureuse de Sandrine, ils ont bien réagi. Mais leur première question a été: ça veut dire que tu es homosexuelle? J'ai répondu que non, que simplement, pour l'instant, j'aimais une femme. Je crois que ça aurait été plus confortable pour eux, plus "clair", si j'avais fait un coming out, comme mon cousin gay."

Retrouvez le dossier complet et de nombreux témoignages dans le Moustique du 9 octobre 2013

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