[DOSSIER] Les dernières heures de JFK

En librairie, en télé, au cinéma, on s'apprête à commémorer les 50 ans de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Retour sur ses derniers instants. Et sur ce que sa mort a changé pour l'Amérique.

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Cinquante ans. Un demi-siècle d'enquêtes, de spéculations, de théories… de mystère. L'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963 à Dallas, reste un des traumatismes du XXe siècle. Àl'occasion de cet anniversaire, le journaliste François Forestier vient de sortir un livre sur JFK. Un de plus, direz-vous. Oui, sauf qu'outre une écriture enlevée, ce bouquin-ci a le mérite de raconter les dernières heures du président et de ceux que sa mort arrangeait, ou pas. Tout le monde en prend pour son grade dans JFK, le dernier jour. John Kennedy lui-même avec ses infidélités sordides, son addiction aux médicaments, son parcours jusqu'au bureau ovale financé par la Mafia. Le vice-président, Lyndon Johnson, monstre de grossièreté autant que de lâcheté et accessoirement amateur de pornographie bovine. Mais aussi les services de sécurité et notamment le FBI de J.E. Hoover… Un livre passionnant qui revient sur les dernières heures d'un homme. D'un monde. D'une illusion où les États-Unis se croyaient encore infaillibles. On vous résume…

21 novembre 1963

23h00 L'arrivée au Texas

Quand "l'homme qui accompagne Jackie" sort de la voiture, devant le Texas Hotel de Fort Worth, près de Dallas, 4.000 personnes l'attendent, sous la pluie. Il serre des mains pendant une demi-heure. Se doute-t-il que dans la journée, 5.000 tracts le présentant de face et de profil comme un criminel et titrés "Wanted" l'accusaient d'"actes de traîtrise contre la Constitution des États-Unis" ? (Photo X) Le "Mort ou vif" accompagnant habituellement ce genre d'affichettes n'est pas imprimé. Mais dans un État comme le Texas, personne ne s'y trompe.

C'est qu'ici, JFK, ce catholique défendant les droits des Noirs et suspecté de sympathies communistes, est détesté par beaucoup. Il veut réduire les privilèges fiscaux des magnats du pétrole; son frère Bobby, ministre de la Justice, mène la vie dure à la Mafia… Tout ce qu'il a pour lui, c'est son vice-président, Lyndon Baines Johnson, justement sénateur du Texas. Et sa femme, l'élégante Jacqueline "Jackie" Bouvier. Kennedy sait qu'elle est son atout charme pour cette campagne de levée de fonds en vue de sa réélection en 1964. Elle a accepté de le suivre dans cette grande tournée, même si le couple va mal. Elle lui reproche ses multiples incartades. Ils ont perdu un fils à la naissance quatre mois plus tôt. Cette nuit, cette dernière nuit, ils font chambre à part.

22 novembre 1963

6h30 Le "tueur" s'est levé tôt

Lee Harvey Oswald boit son café. Sa femme, Marina, rencontrée lors d'un voyage en URSS (il est communiste), sommeille encore. Elle allaite leur deuxième fille, June.

La suite dans le Moustique du 30 octobre 2013

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