Dominique A, bouillon de culture

En promo pour la sortie d'"Eléor", nouvel album à l'élégance sobre, le chanteur nous dévoile ses derniers coups de cœur. Livres, CD, photo, film..., l'homme a plutôt bon goût.

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Bruxelles, début mars. Les pavés bronzent sous un soleil couchant. Le printemps est proche. La végétation reprend ses droits et Dominique A laisse bourgeonner ses mots précieux sur "Eléor", un dixième album classieux et sans temps mort. Pour l’occasion, l’homme au crâne luisant et au verbe chantant nous a fixé rendez-vous chez Hors-Série, petite épicerie culturelle du centre-ville comme on les aime. La porte d’entrée à peine franchie, Dominique A dévalise les rayons de l’échoppe. Trois vinyles en main, deux bouquins sous le bras et une BD au bout des doigts: l’homme semble incapable de refréner ses pulsions…

Passionné, ouvert d’esprit, il se révèle curieux, collectionneur et jamais à court de bons mots. Écrivain périodique, parolier métronomique, le chanteur s’est inventé un style au fil des années et d’une discographie proche de la perfection. Entouré d’objets culturels, le héros de la langue française ouvre son cœur à Moustique: son besoin de nature, ses préférences culinaires, son appétit littéraire, ses voyages et sa vie en musique. Rencontre avec un gars profondément attaché à ses valeurs…

Le film Birdman d'Alejandro González Iñárritu

"En tournée, on partage souvent des films rigolos sur l’histoire du rock, genre Spinal Tap ou des trucs français des années 1970 avec Jean-Pierre Marielle au casting. Je ne suis pas allé au cinéma depuis un an. Par manque de temps, pas par désintérêt. Aujourd’hui, je suis de plus en plus sensible au grain de l’image. J’aime bien les choses terriblement travaillées ou, alors, complètement vintage. Le dernier film que j’ai vraiment adoré, c’est Ida, un drame servi sur un rythme assez contemplatif. Ça raconte la vie d’une femme qui découvre peu à peu la réalité en dehors de son couvent. Après avoir vu un film comme celui-là, je ne retiens pas spécialement l’histoire, plutôt une impression. Au cinéma, je suis rarement interpellé par les grosses productions. Dans le genre, le seul film qui me tente pour l’instant, c’est Birdman. Encore que la mise en abyme avec Michael Keaton a déjà tendance à m’agacer… Je pense que je vais attendre la sortie en DVD."

La BD J’aurai ta peau, Dominique A, d'Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez, éd. Glénat

"Je suis le héros de cette BD parue voici deux ans. Dans un premier temps, j’ai eu beaucoup de difficultés à croire que les auteurs avaient réussi à convaincre un éditeur de sortir un ouvrage avec mon personnage dans le rôle principal. Après, j’étais ravi. Graphiquement, j’adore le résultat. L’histoire, par contre, me semble un brin formatée. Je suis un grand collectionneur de BD. J’adore la bande dessinée belge des années 1950-1960. Je suis ultra-fan de Spirou et des dessinateurs de l’Ecole de Marcinelle (Jijé, Franquin, Tillieux, Morris, Roba…). Je suis de très près l’actualité de la BD indépendante aussi. La même journée, je peux acheter un album des Tuniques Bleues et Calavera, le dernier ouvrage de la trilogie de Charles Burns. Dans ma vie, les bandes dessinées prennent beaucoup de place. Dans tous les sens du terme. Ça correspond sans doute à un rêve d’enfance. Jusqu’à l’âge de quinze ans, je me voyais devenir dessinateur."

La photo Portrait de Dominique A de Richard Dumas

"Richard Dumas est un photographe qui bosse encore en argentique. C’est lui qui a travaillé sur la pochette de mon album. J’ai toujours un point de vue old-school sur les choses. Personnellement, je ne fais pas de photos. Ça me semble tellement lié au hasard… Surtout aujourd’hui, à une époque où les professionnels ont l’opportunité de mitrailler sans discontinuer. Il ne me semble même plus nécessaire d’anticiper, de poser un regard… Moi, j’aime quand un photographe met sa pellicule dans l’appareil et prend le temps de penser l’image et de poser son acte."

La suite de notre portrait de Dominique A dans le Moustique du 18 mars 2015

Voir également la prestation live chez Jérôme Colin sur la Première.

Le 13/5 aux Nuits Botanique, Cirque Royal.

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