Dix histoires folles de Facebook

Découvrez les 10 récits les plus insolites du réseau social.

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Divulguée

En Israël, l'avant-veille d'une opération secrète dans un village de Cisjordanie, un soldat de Tsahal se lâche sur sa page Facebook: "Mercredi, on va nettoyer (le village de) Quatana et jeudi, si Dieu le veut, on rentre à la maison…" Ses camarades, découvrant ce commentaire, préviennent leurs supérieurs. L'opération est annulée, "de crainte que les informations divulguées par ce soldat ne soient déjà parvenues à des groupes hostiles et mettent en péril les forces israéliennes". Le soldat bavard a été condamné à dix jours d'arrêts de rigueur, emprisonné, puis expulsé de tout poste de combat.

Usurpé

En mai dernier s'est ouvert le premier procès pour un faux profil Facebook créé en Belgique. Pendant six mois, un couple de trentenaires flamands avaient utilisé l'identité de l'ex-patron de la femme pour faire croire que celui-ci entretenait une relation adultère. Le couple encourt une peine de 6 mois à 5 ans de prison et une amende allant jusqu'à 550.000 €.

Piratés

A Paris, un pédophile de 28 ans a piraté 150 comptes Facebook de mineurs à partir desquels il communiquait comme un jeune avec un autre jeune de son âge. Ce sont les parents d'une ado de 13 ans qui ont alerté la police, en avril. Sous prétexte d'aider la jeune fille à réactiver sa page Facebook, il lui avait demandé de se déshabiller devant sa webcam. Après avoir ôté son pull, la jeune fille a pris conscience de l'étrangeté de la démarche et a prévenu ses parents. Dans l'ordinateur du pédophile, les policiers ont découvert près de 850 images pédopornographiques.

Suicidée

Le 24 décembre 2010, Simone Back, une Anglaise de 42 ans, annonce son suicide sur Facebook. Son dernier statut ajouté à 22h53 disait: "Pris tous mes médicaments serai bientôt morte bye-bye tout le monde." Cette phrase, la plupart de ses 1.048 amis virtuels l'ont lue. Et 148 l'ont commentée, mais aucun n'a eu la présence d'esprit d'aller chez Simone ou d'alerter les secours pour vérifier si elle était sérieuse. La mère de la victime s'indigne: "Certains de ses amis habitaient non loin de chez elle. Aucun n'a laissé son ordinateur pour marcher jusqu'à sa maison… Sa vie aurait pu être sauvée." La jeune femme est morte d'une overdose de médicaments dans la nuit de Noël.

Influencé

Paris, 2010. Une jeune femme reçoit une convocation de la police à la suite d'une altercation avec un employé d'administration. Sur la convocation figurent les nom et prénom de l'officier de police qui doit l'auditionner. La jeune femme découvre qu'il a un compte Facebook et qu'il est fan absolu du groupe de hard rock AC/DC. Le jour de la convocation, la jeune femme arrive au commissariat moulée dans un tee-shirt à l'effigie du groupe. Son audition par le jeune policier, ravi de rencontrer une autre fan, s'est "extrêmement bien déroulée", dit-elle. Et d'ajouter que les questions concernaient plus la musique que le fond de l'affaire. Le directeur général de la police a diffusé une note rappelant à ses agents les règles élémentaires de confidentialité liées à leur fonction.

Menacée

Astrid Thors, ministre finlandaise de l'Immigration et farouche opposante aux groupes racistes, se bat pour la défense des droits des demandeurs d'asile. En septembre 2010, un élu municipal membre du mouvement d'extrême droite True Finns (Vrais Finnois) appelle sur sa page Facebook à la création du groupe: "Je suis prêt à aller quelques années en prison pour le meurtre d'Astrid Thors." L'auteur est immédiatement inculpé pour "diffamation aggravée, incitation publique à commettre un crime, incitation à la haine contre un groupe ethnique".

Traqué

La photo circulait depuis juin sur le réseau social: un homme blanc, posant un fusil de chasse à la main, derrière la prétendue dépouille d'un enfant noir. Le "chasseur" de Noirs que l'on reconnaît sur la photo affirme qu'elle date de 2007, qu'il s'agit d'une plaisanterie et que l'enfant a été payé pour faire semblant d'être mort. Lundi 29 août 2011, le compte d'Eugène Terrorblanche (jeu de mots sur le nom d'un homme politique d'extrême droite en Afrique du Sud, Eugène Terre'Blanche) a été fermé.

Harcelée

Une Anglaise de 15 ans a été victime d'un effroyable canular monté par ses "copines" d'école. Elles ont créé le profil d'un ado virtuel, Jaydon, pour entretenir une relation amoureuse passionnée avec la jeune fille via Facebook, prétextant que le jeune homme habitait trop loin pour se voir "en vrai". Quand, sur le mur du garçon, une autre fille laisse un message équivoque, la fille le quitte, à regrets. Peu après, une fausse page d'hommage à Jaydon, qui se serait prétendument suicidé suite à son chagrin d'amour, est créée par les jeunes comploteuses. Deux mille "fans" de la page insultent et harcèlent la jeune fille, l'estimant responsable du suicide de leur "ami". C'est la police qui apprend à la victime du canular qu'elle n'est coupable de rien puisque son amoureux n'existe pas. La jeune fille est détruite. De ses harceleuses, elle n'obtient que des excuses forcées…

Licencié

"Journée de merde, boulot de merde, boîte de merde, chefs de merde." Ces commentaires publiés il y a quelques mois sur la page Facebook d'un employé à Caen lui ont valu une mise à pied de cinq jours en attendant la décision de la justice.

Interpellé

Pendant un an, dans le département de l'Hérault, en France, un motard a enchaîné les infractions, tentant de battre ses propres records de vitesse sur une puissante moto équipée d'une fausse immatriculation. Mais un gendarme a repéré sa moto dans la rue, l'a suivi et a relevé le numéro d'immatriculation, légal celui-ci, de la moto d'une amie du suspect. Elle a accepté de leur ouvrir sa page Facebook où les enquêteurs ont trouvé l'identité du chauffard qui conduisait… sans permis. Il a écopé de six mois de prison avec sursis, et sa moto a été confisquée.

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Dominique Rizet, avec Pauline Houbre et Vincent Joly – Le Figaro Magazine
Adaptation: Maïder Dechamps

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