Didier Bellens au secours des Philippines?

Chaque mercredi, retrouvez Vincent Peiffer dans La Langue Bien Pendue, à 7H20. Cette semaine, un pont humanitaire entre les Philippines et Didier Bellens

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Cette affaire Didier Bellens est quand même très moche. Surtout depuis que le typhon Haiyan a ravagé les Philippines : 10.000 morts, des centaines de milliers de sans-abris… Je sais, c’est là que vous vous dites : houlala, Vincent a trop fêté l’Armistice avec ses potes anciens combattants, ou alors ce garçon a une petite touquette, bref on n’aurait pas dû lui demander une Langue bien pendue aujourd’hui,  parce que Bellens et le typhon Haiyan, ça n’a vraiment rien à voir !

Eh bien, si ! Je vais vous le prouver. D’un côté, vous avez vu que la Belgique a envoyé une équipe B-Fast aux Philippines. Un geste humanitaire qui a un coût pour l’Etat belge : pour permettre aux secouristes B-Fast d’aller sauver des vies, le gouvernement a dégagé un budget 500.000 euros. De l’autre côté, ce même gouvernement prendra demain une décision sur le cas Didier Bellens. Et après ses dernières déclarations sur l’Etat belge qui est le plus mauvais actionnaire de Belgacom ou sur le petit Elio qui vient chaque année chercher sa Saint-Nicolas en dividendes, disons que ça sent le pâté pour le brillant patron qui se la pète décidément très grave : il va enfin se faire éjecter ! Mais ça aussi, ça aura un coût pour l’Etat… Oui, parce qu’on a tous bien compris la tactique Bellens : depuis un certain temps et récemment en traitant son principal actionnaire de gros neuneu, il fait tout pour se faire lourder avant le terme de son contrat prévu en 2015. Ceci, bien entendu, en n’oubliant pas d’empocher l’indemnité de rupture prévue à cet effet. C’est-à-dire un parachute doré qui s’élève à… 2,5 millions d’euros.

Et c’est là que je prouve que je n’ai pas une touquette coincée entre deux neurones. 500.000 euros pour aller sauver des dizaines de vies aux Philippines et 2,5 millions d’euros pour se débarrasser d’un seul homme : ça ne vous choque pas un peu, vous ? Moi, si. Un peu beaucoup, même. Faites le compte : avec le parachute doré de Didier Bellens, la Belgique pourrait envoyer cinq équipes B-Fast aux Philippines. Donc, gros malaise…

Mais comme je suis un garçon constructif, j’ai une solution pour sortir de cette affaire par le haut. Donc, Didier, si tu m’écoutes, j’ai une proposition à te faire. Cet après-midi, tu annonces que tu démissionnes de Belgacom, et donc que tu renonces de ton plein gré à tes 2,5 millions d’euros, que tu lègues en quelque sorte à la survie de centaines de personnes aux Philippines. Et là, tout à coup, on est tous très contents ! D’abord nous, parce qu’on est enfin débarrassés de toi. Ce qui n’est pas rien. Et puis toi aussi, tu seras content ! Parce que là, je te signale quand même que tu es à deux doigt de ravir le titre d’homme le plus détesté de Belgique à Maurice Lippens… Ce qui n’est pas très agréable. Et alors ne t’en fais pas : question finances, tu ne sentiras rien. En dix ans à la tête de Belgacom, je lisais que tu avais déjà amassé 40 millions d’euros en rémunérations, en stock-options et en épargne-pension.  Placés en bon père de famille à du 3%, ça te fait 1 .200.000 euros d’intérêts par an, donc 100.000 euros par mois pour vivre. Comme disait Freddy Tougaux : ça va daller…

Allez, Didier, fais un geste ! Tu verras, ça te fera un bien fou de sauver des vies… Et peut-être même que des gens vont finir par t’admirer… Non, là, je rigole…

Politiquement correct – La langue bien pendue

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