The Devil’s Double

Oudaï, fils de Saddam Hussein et fou furieux de première classe, passionné de techniques de torture et de jeunes écolières qu’il embarque de force, vit dans la peur de se faire assassiner.

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Il engage donc un sosie pour le remplacer lors de ses apparitions publiques. Docile au début, ce "double du diable" va finalement choisir la fuite face aux horreurs dont il est le témoin quotidien. Pour ce double rôle, Dominic Cooper (Tamara Drewe) excelle dans une prestation schizophrénique de haut vol, tour à tour cruel ou indigné selon qu’il campe le fils du dictateur ou sa doublure.

Tout cela se déroule sur fond de rivalité amoureuse autour d'un magnifique pilier de Harem porté par une Ludivine Sagnier vénéneuse et forcément pervertie par ce qu’elle voit au quotidien. "Tout ce qui figure dans le film est vrai. À l’exception du prénom de mon personnage, lance-t-elle. En arabe, Sarrab signifie mirage." Un patronyme finement choisi tant il marque bien la différence entre Ludivine, l’actrice capable de tous les excès quand il s’agit de jouer de ses charmes et Sagnier, la jeune femme rangée, "juste bancable comme il faut, mais c’est tout".

Après les ritournelles légères et inoffensives des Bien aimés, direction la pure sensualité. "Comme dans Crime d’amour(2009), j’incarne un personnage qui mise sur son charme. Mais mon rôle dans Devil’s Double est plus ambigu. Car si Sarrab n’est pas dupe du véritable visage du dictateur irakien et de sa famille, elle ne peut s’empêcher, comme je l’ai fait personnellement durant la préparation du film, de porter un regard de fascination-répulsion sur ce régime. D’un côté, il massacrait la population. Et d’un autre, il construisait des écoles et des hôpitaux dans tout le pays. Saddam et sa suite sont évidemment impardonnables. Mais ils n’ont pas accompli que des mauvaises choses. Et c’est bien ce qui les rend encore plus effrayants." Et ce film, tour à tour torride et terrifiant, d’autant plus troublant.

The Devil's Double
Réalisé par Lee Tamahori (2011). Avec Dominic Cooper, Ludivine Sagnier, Raad Rawi – 139’.

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