Déshabillez-nous: l’amour au boulot

Huit heures par jour, 220 jours par an. Normal que le boulot se mue parfois en agence matrimoniale.

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Huit heures par jour, 220 jours par an. Normal que le boulot se mue parfois en agence matrimoniale.

Un Français sur deux aurait déjà tenté l’aventure de l’amour au boulot et un mariage sur cinq serait né sous des auspices professionnels. L’arrivée massive des femmes dans le monde du travail, il y a cinquante ans, mais aussi celle, plus récemment, de la notion de « bonheur au travail » ont favorisé ce phénomène. Il serait en augmentation et pourrait même, selon Bruno Auer, coach en entreprise, être considéré à l’avenir comme un facteur de stabilité, voire de « fidélisation » des travailleurs envers l’entreprise.

Avec ses coups de foudre, ses jeux de pouvoir et ses promotions canapé, mais aussi ses secrets, ses trahisons et ses ruptures, ce phénomène creusé ce soir par France 3 dépasse largement les compétences des responsables des ressources humaines. Le doc, fluide et dynamique mais parfois trop en surface, se glisse dans les pas de la secrétaire menée en bateau par le patron qui ne compte pas quitter sa femme, la déléguée syndicale qui se fait « jeter » par ses collègues parce qu’elle est finalement tombée sous le charme du boss ou le couple heureux, qui a « survécu » en ne travaillant plus ensemble. Restent ceux qui s’organisent. Véronique et Philippe se sont rencontrés, il y a 21 ans, en doublant les voix françaises de Marge et Homer Simpson. Leur secret? S’aménager des espaces de liberté personnelle, selon Philippe. « Ne pas parler comme les Simpson en rentrant le soir« , ajoute Véronique.

Se déclarer lors d’une fête d’entreprise ou via un petit mot? En parler aux collègues? L’excitation de galipettes sur la photocopieuse vaut-elle le risque encouru? L’amour au travail est un parcours semé d’embûches et de défis. Alors, pourquoi tombe-t-on toujours (plus qu’avant, même) amoureux au boulot? Peut-être que c’est un moyen « d’échapper à la violence de l’entreprise, de reconstruire du vivant dans cet environnement mortifère« , interprète Loïck Roche, auteur du livre Cupidon au travail. C’est aussi, dans certains milieux, notamment aux urgences des hôpitaux, un moyen de sublimer le stress et l’angoisse liés à la proximité de la mort. Mais si la productivité et l’envie d’aller bosser augmentent dans un premier temps, un dénouement malheureux peut aussi être encore plus difficile à vivre que dans la vie « privée ». « J’avais l’amour et un travail. J’ai perdu les deux », soupire Florian qui s’est fait licencier suite à une idylle avec sa collègue. Quand on n’a que l’amer…
Maïder Dechamps

23 janvier: France 3 22h50: Déshabillez-nous: L’amour au bureau

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