Des seins partout sur Arte

Arte bombe le torse et s'offre une excursion culturo-sensuelle au doux pays des poitrines.

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Arte bombe le torse et s’offre une excursion culturo-sensuelle au doux pays des poitrines.

Selon les époques, les sociétés et les cultures, le buste féminin a été dévoilé avec plus ou moins de pudeur. Encore aujourd’hui, il existe des lieux où les femmes l’exposent de la façon la plus naturelle qui soit, comme le fier symbole d’une maternité inutile à cacher. Au contraire de chez nous, où le sein reste un fascinant déclencheur de fantasmes dès qu’il apparaît, que ce soit sur une affiche publicitaire, à travers un écran ou même dans nos chambres à coucher. Tel est le destin de cette sainte rondeur mammaire: être à la fois montré et rêvé, exposé ou suggéré. Si la chaîne Arte s’intéresse à lui ce jeudi, c’est justement parce que les hommes ne savent pas toujours à quel sein se vouer…

En enlevant le haut, le documentaire de Laure Michel Le culte des seins va forcément attirer les regards. Des regards plongeants vers une culture contemporaine où le sein continue à faire frémir le cœur des hommes. Une époque où la poitrine semble reprendre ses droits, après des années 90 plus androgynes que pulpeuses, et une petite décennie à voir défiler des modèles aux formes maigrichonnes. Que ce soit dans les séries télé, sur les podiums ou dans les vidéoclips, les nénés renaissent au sein d’une société à l’allure décomplexée. Dans l’art et la culture, ça saute aux yeux.

Chroniqueuse de l’émission Gildas & Co. (sur Vivolta), Laure Michel a choisi de nous séduire par la transparence. Sa réflexion n’a rien de racoleur: elle ausculte le sein dans sa fonction artistique et sensuelle. Sans langue de bois, ses interlocutrices livrent leur sentiment sur cette époque aux tabous dégrafés. La chanteuse Olivia Ruiz, par exemple, avoue volontiers qu’elle n’a rien d’une « seinte », n’hésitant pas à parler de sa petite poitrine dans ses chansons (« Au bout de mes tout petits seins, s’insinuent, pointues et dodues, deux noisettes… », entend-on dans La femme chocolat). Fondante, comme d’habitude.

L’ex-égérie du cinéaste Russ Meyer, alias Kitten Natividad, connaît également le terrain, elle qui a carrément transformé les poitrines opulentes en héroïnes de films. Dans un autre registre, la reine de la lingerie coquine, Chantal Thomass, déshabille le milieu de la mode et de la pub. Quant à la députée conservatrice allemande Vera Lengsfeld, elle apparaît comme l’invitée improbable de cette soirée définitivement excitante, à consommer comme un poème ou une caresse, selon les humeurs. Et bien sûr, quoi qu’il en soit, l’humour se propose de servir de soutien…
Nicolas Balmet

10 février: 22h20 ARTE Pop Culture: Le culte des seins

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