Des morceaux de moi

Récemment couronnée à Cannes, Adèle Exarchopoulos nous bouleverse une fois de plus. Une future grande. Erell traîne toute la journée une pomme boudeuse. Faut dire, sa vie n’est pas rose, entre un papa coincé dans son monde d’enfant, une maman malade et une frangine qui a mis les voiles quatre ans plus tôt sans prévenir.

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Alors, armée de son caméscope presque 24 h/24, Erell tente de recoller les morceaux de son identité, filme ses parents dans leurs mauvais jours, les virées marrantes avec ses potes et sa cité ouvrière au ciel trop bas. La réalisatrice Nolwenn Lemesle filme ce règlement de compte familial sans hystérie, avec un cœur gros comme ça.

Et malgré de grosses lacunes de mise en scène, on marche parce que cette mise à plat façon Strip-tease est traversée d’éclats d’émotion bouleversants. Parce que ce portrait en creux de l’adolescence sonne juste. Et parce que ses comédiens sont top. Zabou est parfaite en mère ogresse tyrannique, et Karyo, touchant en paternel lâche et rassurant à la fois. Mais il y a surtout l’époustouflante Adèle Exarchopoulos, dont l’authenticité à fleur de peau crève littéralement l’écran.

Quand elle crie son mal d’amour, elle nous transperce et transcende la gaucherie du film. Cette gamine est une perle rare. Elle a la gouaille d’Arletty, la drôlerie tragique de Dewaere et l’intensité de Bonnaire. On a déjà vu quelques autres morceaux d’elle au cinéma (dont le magnifique La vie d’Adèle qui sortira chez nous en octobre): croyez-nous, une grande actrice est née!

Des morceaux de moi
Réalisé par Nolwenn Lemesle. Avec Zabou Breitman, Tchéky Karyo, Adèle Exarchopoulos – 90’. 

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