Des César aux Oscars, le cinéma célébré

De Paris à Los Angeles, le week-end s'est déroulé au rythme des statuettes et des émotions des déçus et des vainqueurs. Coup d'oeil dans le rétroviseur, retour sur le palmarès et analyse de la rédaction de Moustique.

1287547

Les César sacrent Timbuktu

Après une année exceptionnelle pour le cinéma français avec 111 millions d'entrées dans l'hexagone et 208 millions à l'International, il était donc temps de remettre les prix. Présentée par Edouard Baer et présidée par Dany Boon, la soirée fut longue et pesante. Si ce n'est cette fulgurance du Président: "La lumière va toujours plus vite que le son. C’est pourquoi on trouve toujours les acteurs beaux avant de les trouver cons."Cette 40ème cérémonie des César a aussi comblé nos attentes au rayon artistique en célébrant le sublime Timbuktu d'Abderrahmane Sissako qui repart avec sept César.

Ce que Moustique disait de Timbuktu à sa sortie : Dans Timbuktu, le cinéaste mauritanien montre à voir le cauchemar des habitants d'une petite bourgade du Nord Mali tombée sous la coupe des djihadistes qui y imposent la charria. Rien de très réjouissant sur le papier. Sauf que Sissako est un cinéaste dans le sens noble du terme. Qui parvient à dépasser le simple exposé de son sujet pour en faire une ode à la vie. Et à la résistance. Voilà le grand film que l'on attendait pour dénoncer toutes les formes de fanatisme religieux. En sortant de la salle de cinéma, on est en colère. Mais on est aussi empli d'un profond respect pour tous ces hommes et ces femmes qui se battent au quotidien contre le fanatisme de quelques uns. Que ce soit avec un couteau ou une caméra.

Les principaux prix:

Meilleur film :Timbuktu

Meilleur réalisateur :Abderrhamane Sissako, Timbuktu

Meilleur actrice :Adèle Haenel, Les Combattants

Meilleur acteur :Pierre Niney, Saint Laurent

Meilleur espoir féminin : Louane Emera, La Famille Bélier

Meilleur espoir masculin :Kévin Azaïs, Les Combattants

Meilleur second rôle féminin :Kristen Stewart, Sils Maria

Meilleur second rôle masculin :Reda Kateb, Hippocrate

Meilleur premier film :Les combattants de Thomas Cailley

Les Oscars célèbrent Birdman

Il y avait de grands films cette année pour succéder à 12 Years a slave, Oscar du Meilleur film 2014 : Birdman d'Inarritu, The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, Boyhood de Richard Linklater et l'inattendu Whiplash de Damien Chazelle. La couronne est allée tout naturellement à Birdman. Même si l'Oscar du meilleur acteur a échappé à son interprète principal Michael Keaton. Résultat des courses ? 4 Oscars pour Birdman et The Grand Budapest Hotel, 3 pour Whiplash, et un seul pour Boyhood, grand perdant de la soirée.

Ce que Moustique disait de Birdman à sa sortie : À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais il ne reste aujourd’hui plus grand-chose de cette célébrité. Et l’infortuné tente de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Après le film choral (Babel) et le drame dans toute sa splendeur (Biutiful), Inarritu dévoile ici une autre facette de son talent: l’ironie. Entre exubérance, éclats de rire et crises d’angoisse, Birdman dézingue le fantasme hollywoodien au moyen d’une mise en scène osée. Notre premier gros coup de coeur de l'année.

Difficile également de résister à l'enthousiasme viral de Meryl Streep au moment du discours profondément féministe de Patricia Arquette.

 

Les principaux prix:

Meilleur film : Birdman

Meilleur réalisateur : Alejandro González Iñárritu, Birdman

Meilleure actrice : Julianne Moore, Still Alice

Meilleur acteur : Eddie Redmayne, Une merveilleuse histoire du temps

Meilleur acteur second rôle : J.K. Simmons, Whiplash

Meilleur actrice second rôle : Patricia Arquette, Boyhood

Meilleur film en langue étrangère : Ida (Pologne)

Sur le même sujet
Plus d'actualité