Dépistage ou pas?

Une étude récente conteste l’efficacité du dépistage du cancer du sein! Mais la question se posait déjà pour d’autres formes de la maladie. Alors quoi?

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Notre expert

Le docteur André Grivegnée est chef de la clinique de dépistage et de prévention du cancer à l’Institut Jules Bordet à Bruxelles.

Le dépistage, meilleure arme contre le cancer? Toutes les campagnes santé nous laissent penser que la prévention augmente grandement nos chances de gagner le combat face à la maladie. Or, une récente étude canadienne publiée en février dernier vient ébranler cette certitude. Des chercheurs de la Canadian National Breast Cancer Screening Study ont suivi pendant 25 ans près de 90.000 femmes âgées de 40 à 59 ans. Une moitié se soumettait à des mammographies, une autre à de simples examens physiques réguliers. A l'arrivée, il est apparu que le taux de mortalité des patientes qui subissaient des mammographies et avaient développé un cancer du sein n'était pas plus élevé que celui des patientes qui n’avaient eu recours qu’à un examen physique régulier. Au cours des 25 années, 500 des femmes suivies par mammographie seraient ainsi décédées d’un cancer du sein, contre 505 pour l’autre groupe.

Interpellant. Faut-il pour autant revoir toute la politique en matière de dépistage du cancer? S’exposer à des rayons X tous les deux ans comme le préconisent les campagnes de prévention permet-il vraiment aux femmes d’être mieux protégées contre le cancer?

Pour le docteur André Grivegnée, chef de la clinique du dépistage à l’Institut Jules Bordet à Bruxelles, cette étude est à prendre avec des pincettes. "Elle a été réalisée sur la base d’un échantillon très hétéroclite de femmes qui avaient des motivations très diverses en matière de dépistage et sur la base de deux parties non identiques de la population". Il ne faudrait donc accorder aucun crédit à cette étude menée par des chercheurs universitaires? "Disons que le problème avec les études, c’est que l’une sera toujours contredite un mois plus tard par une autre. Pourquoi? Parce que certains chercheurs ont une idée en tête et cherchent à tout prix les arguments tendant à prouver leurs théories".

Plus de cancer, moins de mortalité

Si les études à propos de la prévention des cancers du sein se contredisent, qui faut-il croire dans ce cas? A quels chiffres faut-il se fier?

La suite de notre dossier dans le Moustique du 11 mars 2014

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