Deborsu contre-attaque

L'auteur de Question(s) royale(s) défend son livre polémique et lave son honneur, avant de revenir au silence.

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Déjà écoulé à 20.000 exemplaires et entré dans le top 5 des ventes de fin d’année, Question(s) royale(s) et ses révélations sur la famille d’Albert II sont devenus une affaire d’État.

Son auteur, Frédéric Deborsu, par ailleurs journaliste à la RTBF, a essuyé un feu nourri de critiques, dont celles de François De Brigode qui, dans Le Soir du week-end dernier, a sorti la grosse artillerie contre son confrère. Frédéric Deborsu, que l’on dit lâché par la chaîne, a décidé de s’octroyer un break sans solde de trois mois. Mais avant de retrouver une paix royale, il répond à ses détracteurs et défend "l’enquête la plus difficile de sa carrière" pour redorer son blason.

Vous vous attendiez à ce que votre mise à nu de la monarchie déchaîne à ce point les passions?
Frédéric Deborsu – Ce n’est pas un livre qui a été accueilli de façon normale, puisque des passages ont été révélé par la presse avant même sa parution. Mon enquête a été directement connotée négativement, alors que c’était justement ce que je voulais éviter. Question(s) royale(s) n’est pas un livre à charge. C’est un descriptif de faits basés sur plusieurs sources indépendantes. De nombreux éléments positifs sur Albert, Philippe et Mathilde n’ont pas été relayés par les médias. Impossible, dans ces conditions, d’engager un débat serein.

Vous qualités professionnelles ont été mises en doute…
Cela fait quand même 22 ans que je suis journaliste à la RTBF. Et je suis certain de mes informations. Mon enquête m’a pris cinq mois et une énergie incroyable. Mais je n’éprouve aucune rancœur envers ceux qui me critiquent, même si la plupart n’ont pas lu le livre.

Ne regrettez-vous pas d’avoir parlé d’une "intense relation d’amitié" entre Philippe de Belgique et Thomas d’Ansembourg?
J’ai rencontré Thomas d’Ansembourg après la publication. Le contact a été vraiment bon. On s’est même dit qu’on ferait bien une émission ensemble sur ses écrits en psychothérapie. Malgré tout, je regrette de l’avoir mis dans l’embarras…

Plus un livre fait polémique, plus il se vend. C’est tout bénef pour vous finalement…
Oui et non. La polémique n’était pas mon but. Mais ce qui me rassure, c’est que des lecteurs me disent aujourd’hui: "Ce n’est pas du tout ce à quoi on s’attendait. On apprend plein de choses en fait". Ils ont compris que ce n’est pas un livre agressif mais descriptif.

Vous qualifiez Question(s) royale(s) d’utile. Utile pour décrisper Philippe aussi?
Un sondage VTM de mars 2012 indiquait que, pour 46 % des personnes interrogées, il serait un bon roi. On vient de 75 % en 2004… C’est un écroulement total. Ça me paraît légitime de demander pourquoi le futur chef de l’Etat est remis en cause par le public et les politiques.

Philippe est exceptionnellement  sorti de sa réserve protocolaire pour défendre son "mariage d’amour". Ecrire que sa rencontre avec Mathilde n’a rien d’un conte de fées, n’était-ce pas aller trop loin?
Je pars du principe que le mariage de Philippe est un événement public, puisqu’il est soumis à l’autorisation du gouvernement. Même ses fiançailles ont été médiatisées. La vie privée, c’est vrai pour tout le monde, sauf pour la famille royale. Il y a 30 ans, on ne parlait pas des dotations. Aujourd’hui, c’est une question publique. Le pouvoir politique dessert la monarchie qui, j’en suis sûr, n’est pas contre plus de transparence.

Le Palais n’a pas accueilli votre ouvrage comme une libération…
Le Palais se pose des questions et, suite à sa plainte, on en discutera devant le Conseil de déontologie. Mais, jusqu’ici, le débat n’a pas été serein.

Préparez-vous un deuxième opus? Par exemple sur Baudouin, chouchou des Belges?
La question ne se pose en aucun cas. Pour l’instant, je suis en pause pour m’aérer, me rapprocher de ma famille et réaliser un projet international que je mûris depuis longtemps.

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