De leur vivant

Un hôtel familial est le théâtre d’un drame. Aujourd’hui, maman est morte. Les deux frères et la sœur, la trentaine, tentent désespérément d’épauler leur père dévasté.

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Gauchement. Pensant le préserver, ils veulent le pousser à vendre l’hôtel particulier aux souvenirs trop encombrants. Lui, n’entend ni ne voit personne, accroché au répondeur du portable de sa femme comme à une bouée de sauvetage.

Jusqu’à l’arrivée inopinée d’une femme enceinte venue de nulle part et désirant louer une chambre. Là, se situe la limite du film: accélérateurs artificiels de la narration, les personnages extérieurs font sortir le père de son mutisme.

Mais ils n’ont pas de chair, pas d’existence et n’agissent que comme révélateurs du démembrement de la famille et de l’amour fou que le père portait à sa femme. Mais ces situations sonnent faux et du coup, empêchent d’y croire, malgré d’évidentes qualités de mise en scène.

Drame touchant mais assez maladroit sur le deuil et la reconstruction d’une famille, De leur vivant permet deux réflexions sur notre cinéma.

Un: ce n’est pas un cliché, le 7e art belge francophone a tendance à se vautrer dans le misérabilisme et les sujets graves, comme si la tristesse seule était sérieuse au cinéma.

Deux: lorsqu’il s’y applique avec des acteurs tels que Christian Crahay, une flamme originale surgit toujours de l’ombre. Inextinguible.

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De leur vivant
Réalisé par Géraldine Doignon (2011). Avec Christian Crahay, Mathylde Demarez, Yoann Blanc – 88’.

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