De l’eau pour les éléphants

Pendant la grande dépression américaine, un jeune homme sans ressource (Robert Pattinson sans les dents de vampire) devient soigneur de pachydermes dans un cirque itinérant. Peu à peu, il s'éprend de la femme de son boss, un tortionnaire manipulateur.

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Adapté du best-seller éclatant de Sara Gruen, roman écrit en un mois pour un concours américain, De l'eau pour les éléphants s'appuie essentiellement sur les atouts spectaculaires qui ont fait le succès du livre.

Il faut dire que cette passion impossible qui prend racine dans l'univers très cinématographique du cirque a de quoi séduire. Décors somptueux (le chef décorateur s'est fait la main chez Terrence Malick, revoyez à l'occasion Les Moissons du ciel), lumière splendide (par le chef opérateur de Brokeback Mountain), costumes sublimes, scénario à rebondissements, casting alléchant: techniquement, le voyage fonctionne à merveille.

Mais on a beau être sous le plus grand chapiteau du monde, la perfection technique n'est pas un gage de magie cinématographique, et Francis Lawrence n'est pas Cecil B. De Mille. Ecrasés par les décors, les acteurs peinent à exister vraiment. Christoph Waltz (le nazi de Inglourious Basterds) s'agite et cabotine tant qu'il peut face à un Robert Pattinson qui pose plus qu'il ne joue.

Reese Witherspoon est aussi belle que Carol Lombard et les stars du cinéma des années trente, mais la fraîcheur habituelle de son jeu s'est évaporée sous les paillettes. On aurait souhaité finalement plus de tripes et moins de maquillage pour filmer l'univers à la fois brillant et crasseux de ce cirque infernal, où les hommes et les bêtes sont logés à l'enseigne de la brutalité. De l'eau pour les éléphants se livre trop facilement pour nous toucher vraiment. Mais si vous avez envie d'évasion immédiate, pourquoi pas?

Les salles où ce film est à l'affiche

De l'eau pour les éléphants
Réalisé par Francis Lawrence (2010). Avec Reese Witherspoon, Robert Pattinson, Christoph Waltz – 115'.

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