Dany Boon: « Le cinéma, c’est devenu la jungle! »

Entre Dany Boon et le cinéma français, c’est la grande embrouille! Rencontre et mise au point avec le ch’ti, qui sort aujourd'hui un Supercondriaque pas si malade que ça!

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C’est l’histoire d’un mec, normal, d’Armentières, dans le nord de la France. Qui va partir de rien et arriver très haut. "Quand j’ai quitté mon bled natal pour aller faire des sketches dans la rue à Paris, ma mère m’a donné ses seules économies. 10.000 francs français de l’époque. J’ai bouffé de la vache enragée pendant des années. Puis, de petits contrats en galères, les salles se sont remplies tout doucement, explique l’ancien pauvre devenu riche.J’ai attendu longtemps pour avoir du succès. Il m’est réellement tombé dessus un peu avant les années 2000 grâce à mes one man shows. Et comme je ne venais pas du sérail, on me l’a fait payer."

D’autant plus que cet électron libre ne se limite pas à fouler les planches en abreuvant le public de quelques sketches devenus cultes, genre le dépressif et sa ritournelle Je vais bien, tout va bien; ou ses pérégrinations, passées à la postérité, à la Poste! En 2005, il réalise son premier film: le joli La maison du bonheur. Succès d’estime qui déclenche une envie de définitivement varier les plaisirs et de persévérer dans la réalisation. La suite appartient à l’histoire. Avec Bienvenue chez les ch’tis et ses vingt millions d’entrées auxquelles personne ne s’attendait, il y aura définitivement un avant et un après.

 

Depuis, passé la polémique sur ses cachets astronomiques, Boon se retrouve au sein d’une autre zone de turbulences. Qui touche à sa capacité à rééditer (ou pas) les succès des Rien à déclarer (8 millions d’entrées) et autre Ch’tis. Bref, pour parler en langage ciné: après Que les gros salaires lèvent le doigt, nous voilà partis pour une sorte de remake de Comment réussir quand on est franchouillard et pleurnichard! "La France nourrit effectivement toujours ce complexe de la réussite, explique Kad Merad à nouveau de la partie dans Supercondriaque. Relisez les critiques du premier film de Dany.Elles sont généralement bienveillantes, mais en tout cas jamais méchantes. A ce moment-là, il n’avait pas encore fait ses preuves, donc tout allait bien." Et Boon d'enchaîner:"C’est après que j’en ai pris plein la figure. Au plus les gens ont été voir mes films, au plus une certaine intelligentsia, très parisienne, a mis mes compétences en doute".

Mais, sur le fond, vous comprenez que vous puissiez être critiqué à l’occasion, parfois même violemment?

Dany Boon – Il y a deux aspects à votre question. Est-ce que je comprends que je peux prêter le flanc à la critique? Oui, évidemment. Personne n’est parfait. Et moi non plus. Autre versant de la question: est-ce que je conçois que ces critiques puissent parfois devenir très violentes? Non.

La suite de la rencontre avec Dany Boon dans le Moustique du 26 février 

La critique du film

Réalisé par Dany Boon. Avec Dany Boon, Alice Pol, Kad Merad – 107’.

Toujours prompt à se nourrir de ses propres névroses, l’ami Dany signe donc encore un film qui lui ressemble. Puisque, après avoir sondé ses origines dans Bienvenue chez les ch’tis et Rien à déclarer, il apparaît sous les traits d’un malade imaginaire (qu’il semble bel et bien être dans la réalité), persuadé d’attraper tous les virus qui lui passent à portée de sinus. Dans une comédie qui accumule les grimaces sur mesure dispensées sans économie par ce bozo déjanté, les quiproquos, une simili-intrigue sentimentale, quelques scènes d’action plutôt bien réalisées. Mais aussi une poignée de gags qui tombent à plat et un Boon qui choisit parfois la facilité en nous resservant sa tête de chien battu passée à toutes les sauces. Au final, un film globalement convaincant, à défaut d’être poilant de bout en bout.

Gratuit avec votre Moustique ce 26 février: 32 pages sur la Guerre 14-18

 

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