Dans le conte de fées de Puggy

Un groupe belge qui ne se plaint pas, vend encore des CD et touche le grand public? Oui, ça existe. Nous l'avons suivi.

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Ce mercredi 9 février, Puggy donne le premier de ses trois concerts complets à l’Ancienne Belgique. Dans la salle, des adolescentes, des jeunes garçons très chic, des fans de Coldplay ou de Muse et aussi pas mal de quadras venus découvrir le nouveau phénomène de la pop belge.

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Soit un trio atypique (chanteur anglais, bassiste frenchie, batteur suédois), indéniablement doué, capable de pondre des mélodies entêtantes et même de susciter le respect de ceux qui disent ne pas aimer.

Le parcours de Puggy a tout du conte de fées, mais il est bien réel. Voici quatre ans, MCM Belgique doit assurer une captation live au festival Couleur Café lorsqu’un incendie éclate. Privée d’images pendant l’intervention des pompiers, la chaîne musicale n’a d’autre choix que de passer en boucle des extraits du concert d’un trio pop belge qui s’est produit en lever de rideau du festival. Son nom? Puggy. Les Américains d’Incubus tombent sur le reportage et, charmés, embarquent Puggy dans leur tournée européenne. Les Smashing Pumpkins les invitent à leur tour à jouer avec eux à Bercy devant 17.000 personnes.

Deux ans plus tard, nouveau coup de baguette magique. Puggy joue lors d’une soirée parisienne organisée par Universal France. Pascal Nègre, le grand manitou de la multinationale, est scotché. Il les rattrape dans la loge, le stylo à la main et le contrat dans la poche. Encore petit, Puggy multiplie les expériences des grands et ça paie. Car aujourd’hui, tout le monde se lève pour Puggy.

 Sorti en septembre dernier, l’album « Something You Might Like » est la réussite pop belge que personne n’attendait. Jugé trop lisse par les uns, trop gentil par les autres, voire trop « franstalig »par les médias flamands – un comble avec un chanteur anglais! -, Puggy fait taire toutes les critiques par son abnégation et ses morceaux radiophoniques qui mettent de bonne humeur. « Nous n’avons jamais cherché à faire à tout prix une musique audacieuse, rappelle toujours Matthew le chanteur. On veut seulement écrire des bonnes chansons refrain/couplets. Et on bosse pour ça. »

A la veille du lancement de son disque, Puggy avait pour objectif de jouer à la Rotonde du Botanique (300 personnes). Depuis, il a rempli l’Orangerie (800 personnes), tourné en Wallonie et en France. Après sa prise d’assaut de l’Ancienne Belgique, il écumera à nouveau l’Hexagone et sera de tous les festivals (Belzik, Pac Rock, Couleur Café, Ardentes…). On peut l’entendre sur la B.O. de Largo Winch et dans la prochaine campagne de pub pour une marque de voiture française. Oui, à une époque morose où les disques ne se vendent plus et où les groupes n’arrêtent pas de se plaindre, Puggy contredit les statistiques avec son conte de fées. Et nous, on aime ça.

La balance

16h00. Réglage sonore dans une Ancienne Belgique vide. « Quand je suis arrivé dans la salle, explique Matthew, j’ai fermé les yeux et je me suis dit: « c’est ton moment, personne ne pourra jamais te l’enlever ». J’ai vu tous mes groupes préférés dans cette salle. Et là, c’est nous qui la remplissons à trois reprises. C’est dingue. »

Les fans

18h15. Le groupe rencontre ses fans. « Nous sommes fiers de notre public, déclare Nico le manager. Il est issu de tous les milieux et de toutes les tribus. Ce sont tous ces gens que vous voyez ici ou dans la file devant la salle qui font notre pub sur les forums Internet. »

Les loges

20h00. Une heure avant de monter sur scène, pas de stress, le sourire sur les lèvres, les yeux qui brillent et déjà la clameur du public. « On ne va pas se mentir, on sent que c

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