Dans la tête de… Jean, mari violent

Leur vécu n'est pas celui de tout le monde. Ou ils ne pensent pas exactement comme nous. Mais ils acceptent de s'expliquer. Cette semaine: Jean, 50 ans. Il a battu sa compagne pendant 15 ans. Jusqu'au jour où il a choisi de se faire aider.

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La semaine passée, Moustique publiait la première interview donnée par Bertrand Cantat depuis cette nuit, à Vilnius, où Marie Trintignant est morte sous ses coups, en 2003. Plus récent, plus proche, plus flou: le triste "feuilleton"  Wesphael, inculpé pour l'assassinat de son épouse, Véronique Pirotton, tient la Belgique en haleine depuis début novembre. Le député wallon nie avoir tué sa femme même s'il reconnaît qu'ils ont eu une dispute et en sont venus aux mains.

Mais au-delà de ces deux faits-divers ultramédiatisés, la brutalité domestique est tristement "banale". C'est ce que rappelle la campagne lancée lundi (25/11) à l'occasion de la journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes: "Un couple sur huit vit l'enfer de la violence conjugale. Lequel?" Car si cette violence peut se lire parfois sur les corps et les visages meurtris des victimes, la plupart du temps pour l'extérieur, elle reste cachée. Invisible. 

Quand on serre la main de Jean, par exemple, difficile d'imaginer ce frêle quinqua "propre sur lui", plutôt bel homme avec ses cheveux châtains et ses tempes grisonnantes, en train de défoncer une porte pour passer sa compagne à tabac. Et pourtant, Jean et sa compagne Nicole (prénoms d'emprunt) ont connu cette réalité "qui ronge": les coups, les excuses, les retrouvailles… Et puis, immanquablement, le retour des coups. Malgré l'amour, malgré la culpabilité. Comme si cet homme au regard plutôt doux n'avait pas d'emprise sur cette part de lui-même.

La suite dans le Moustique du 27 novembre 2013

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