Dans la maison

Enfin! Dans la maison renoue avec la palette complète des talents du cinéaste français.

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Si ses trois derniers faits
d’armes (Ricky, Le refuge et Potiche) avaient séduit à des
degrés et dans des registres divers, ce nouveau film
touche à tout avec un réel bonheur.

Tour à tour burlesque,
profond, sexuel, asexué, bourré de dialogues anodins et
de répliques cultes ("La ménagère qui sent bon l’odeur de
la femme de la classe moyenne
"), Dans la maison possède
à la fois le scénario et le casting parfaits.

Sorte de thriller littéraire à la fois comique et anxiogène, le
récit se déroule au rythme des rédactions d’un élève prenant
plaisir à raconter la manière dont il s’impose dans la
maison d’un camarade de classe. Réticent au départ, son
prof de français, écrivain raté et vaguement aigri, prend
finalement goût au petit jeu voyeuriste.

Jusqu’à déclencher
des événements incontrôlables.
Voilà pour les fondations solides et la charpente bien
conçue. Tandis que la déco et l’atmosphère sont assurées
par une brochette d’acteurs tous parfaitement à leur place.
Kristin Scott Thomas ne constitue pas que la caution
classe et glamour, mais aussi la garantie d’un humour féroce.

Sensuelle comme jamais, Emmanuelle Seigner
n’avait pas souvent sonné aussi juste dans un rôle qu’elle
n’a pourtant jamais campé: une femme naïve et sans une
once de perversité. Fabrice Luchini, lui, a trouvé en Ozon
quelqu’un pour lui rabaisser le caquet. Excellente idée!

Car
elle permet au jeune Ernst Umhauer de tirer la couverture
à lui pour démontrer l’étendue de son talent dans des
scènes tour à tour drôles et intrigantes. Notamment le
temps d’une dernière saillie qui résume tout l’art de bâtisseur
de grand cinéma qu’est François Ozon.

Voir les salles où ce film est à l’affiche

Dans la maison
Réalisé par François
Ozon. Avec Fabrice
Luchini, Ernst
Umhauer, Kristin Scott
Thomas – 105′.

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