Crystal Fighters: Un buzz justifié (écoute intégrale)

Des mois que l'appellation Crystal Fighters circule dans les layons du milieu. Au risque de passer pour un fieffé ringard, il faut avoir vu les Londoniens sur scène ou sur Youtube. Précédé par un adoubement du label Kistuné et un mystérieux mythe fondateur, le groupe anglais accouche enfin de "Star Of Love".

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Des mois que l’appellation Crystal Fighters circule dans les layons du milieu. Au risque de passer pour un fieffé ringard, il faut avoir vu les Londoniens sur scène ou sur Youtube. Précédé par un adoubement du label Kistuné et un mystérieux mythe fondateur, le groupe anglais accouche enfin de « Star Of Love ».

« Depuis des années, nous jouions dans des formations aussi nombreuses qu’éphémères. Le travail sérieux a commencé quand notre amie Laura est revenue du Pays basque. Elle y avait géré la succession d’un grand-père qu’elle connaissait peu. Dans ses papiers, elle a trouvé un petit carnet incroyable. Il y avait patiemment consigné un opéra inachevé, des bribes de chansons, quelques centaines de vers et plusieurs dessins d’instruments de musique. Ce bouquin a littéralement débloqué notre inspiration. »

 A force de concerts et de répétitions, les particules mythologiques ibériques se fondent dans le creuset culturel des jeunes Anglais. « On peut parler de véritable rencontre. Nous avons grandi avec l’électro, plutôt sérieuse et froide. Mais d’un autre côté, nous avons toujours été attirés par les compositions espagnoles des seventies, leur simplicité. L’attitude je-m’en-foutiste que ces artistes ont introduite dans la pop music. On a tenté de concilier tout ça. » Aujourd’hui, le métissage est plus qu’une mode, c’est une obligation morale. Encore faut-il être capable de transfigurer le chaos menaçant. Avec « Star Of Love », Crystal Fighters atteint presque miraculeusement l’objectif. La drum & bassparle au flamenco, la jungle répond au merengue, la dub step tutoie la bossa-nova. Dans ce premier album, les machines enlacent tellement les guitares qu’Aphex Twin finit par palucher Gilberto Gil.

 Non contents de dompter cette bacchanale, les Anglais poussent le vice jusqu’à agglomérer deux approches scéniques. « Dans un club, où tu vois à peine le DJ, tu es happé par la musique mais il manque le côté spectacle. Lors d’un concert, c’est souvent l’inverse: tout est très visuel mais parfois sans âme. Nos concerts se doivent de posséder les deux qualités. » Au point que les premières prestations étaient pensées comme un petit opéra électro rock. Rapidement gêné par l’encombrante mise en scène, le groupe a préféré se recentrer sur l’énergie pure.

Sylvestre Defontaine

 

 

Le 25/3 aux PiaS Nites.
Mention: LOGI PIAS NITES

Crystal Fighters – « Star Of Love »
PiaS
Notre avis: 3 étoiles

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