Couleur de peau miel

Auteur de BD, coréen adopté, Jung est depuis toujours à la recherche de ses origines. Un (beau) film retrace son itinéraire.

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Son nom traditionnel signifie "plante droite". Pourtant, la vie de Jung a été longtemps tordue depuis qu’il a été abandonné et adopté comme 250.000 autres enfants Coréens.

Alors, pour s’inventer une existence de rêve, ce jeune garçon débarqué dans une famille de Rixensart quand il avait six ans est devenu auteur de BD. Tournant inlassablement autour du pot de ses origines. Jusqu’au jour où il a créé l’œuvre de sa vie avec sa BD Couleur de peau: miel. Où il se raconte sans fard, avec poésie, tendresse et autodérision.

Aujourd’hui, la BD est devenue un film, qu'il a coréalisé lui-même. Mêlant animation traditionnelle, images d’archives et de films de famille en Super-8, celui-ci prolonge le sentiment d'existence morcelée.

On sent pourtant la vie qui palpite dans cet itinéraire d’un enfant pas gâté devenu un homme mûr de 47 ans aujourd'hui, posant des questions essentielles sur l’amour filial, la place dans la famille, la découverte de la sexualité et l’identité. Voilà un joli film universel… à voir en serrant la main de ses enfants, adoptés ou pas.

Pourquoi se raconter en BD et en film?
Jung – J’avais envie de sortir une vieille histoire qui traînait en moi depuis toujours. Enfant adopté, je suis devenu auteur de BD sans doute pour exorciser mes peurs. J'ai commencé par des aventures d'Heroic Fantasy aux couleurs nippones. C'est ensuite que le déclic a eu lieu. j'ai eu envie de raconter mon histoire frontalement, à travers mon art. C’était surtout une quête de ma mère biologique.

Qu’est-ce qui vous a semblé le plus difficile dans la réalisation du film?
Jung – Le plus difficile, c’était incontestablement le tournage en Corée. C’était la première fois que j’y revenais. Et je peux vous dire qu’y être accompagné de trente personnes qui vous suivent avec une caméra, ça tue l’intimité de ces retrouvailles avec soi-même.

Dans le film, vous n’êtes pas toujours très tendre avec certains membres de votre famille…
Jung – Ce sont des faits. Ma sœur Coralie, qui a vu le film, pourra vous confirmer tout ça. Ma mère adoptive était distante, parfois très dure avec moi. Mais ce qui m’importe, c’est que dans la BD comme dans le film, elle est réhabilitée. Et puis, je n’y suis pas tendre avec moi-même non plus. J’avais tellement besoin d’amour que j’ai sans doute oublié d’en donner un peu.

Voir les salles où ce film est à l'affiche

 

Couleur de peau: miel
Réalisé par Jung, Laurent Boileau (2012). Avec Jung et les voix de William Coryn, Christelle Cornil – 75’.

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