Couleur Café: Musique(s) sans frontières

Le plus urbain des festivals a attiré 73.000 personnes. Comme la météo, le public est passée par toutes les émotions.

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Malgré une affiche un peu moins prestigieuse que les années précédentes, la 22è édition du festival Couleur Café a été une réussite totale. La chance souriant aux audacieux, la météo, hivernale en début de festival et tropicale en clôture, a finalement épargné le public de la pluie. Avec 73.000 spectateurs, une soirée sold-out (le vendredi) et surtout un public qui ne demandait qu'à vibrer sous les sonorités urbaines, les organisateurs peuvent être satisfaits. Nos tops et nos flops…

Le public

Multigénérationnel, bigaré, coloré et curieux, le public de Couleur Café ne rentre dans aucune catégorie et c'est ce qu'on aime. Nous l'écrivions la semaine dernière, à Couleur Café, on fait la fête avec des artistes qu'on n'écoute pas à la maison. Sergent Garcia, Smod (notre photo) ou le groupe américain de reggae Soja ont fait danser bien plus de monde qu'ils ne vendent de disques chez nous.

DJ Shadow

Pour nous, le sommet du festival. A la fin de son concert, l'Américain qui est tout sauf un dj a reçu une ovation de plusieurs minutes. "J'étais hier à Glastonbury, c'était bien mais franchement vous êtes la meilleure audience pour laquelle j'ai joué depuis le début de ma tournée," a-t-il déclaré tout ému. Enfermé dans une boule blanche suspendue sur laquelle sont projetées images et messages subliminaux, DJ Shadow a malaxé hip-hop, électro, funk et soul dans une ambiance torride. De son classique Six Days extrait d'"Endtroducing" aux nouveaux I Gotta Rokk et Deff Surround Us, ce n'a été que pur bonheur.

Janelle Monae

Quelle énergie positive! Entourée de quinze (!) musiciens et danseurs, tous vêtus comme elle de black and white, la jeune Américain se place en digne héritière de Funkadelic et de Prince. Pas une seconde sans qu'on entende une note de musique, du groove, des chorégraphies frénétiques, des solos de guitare psyché, une reprise 5 étoiles d'I want Your Back (Irma fera de même dimanche)et un lâcher de ballon pour conclure cette revue soul intense, on ne peut que s'incliner.

Ziggy Marley

L'ombre de Bob Marley a plané tout au long du festival. De Puggy à Irma, on ne compte plus les artistes qui l'ont cité musicalement ce week-end. Mais que dire alors de la prestation de son fils Ziggy. La ressemblance physique est frappante, le répertoire toujours empreint de spiritualité et, malgré un dernier album "Wired And Free" un peu trop enfumé par la ganja, il reste profondément charismatique sur scène. A (re)voir aux Ardentes le jeudi 7 juillet.

On a aussi aimé

Iam, Smod, Alborosie, Kenny Arkana, Puggy, Tiken Jah Fakoli, Calle 13.

On a moins aimé

Le foutage de gueule de Method Man et Redman qui ont offert une parodie de concert devant un public pourtant chaud comme la braise. Et puis il y a Selah Sue. Vendredi, elle nous a déçus avec son manque de sourire et son maniérisme.

– L.L. et PDG.

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